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+ Prévisions saisonnières en Europe à 6 mois
Dernière mise à jour : le 20/06/2018 à 08:13

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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La prévision saisonnière consiste à prévoir la moyenne des paramètres météorologiques (température, précipitations) pour une échéance allant jusqu'à 6 mois, à l'échelle global. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (limitées à 7 jours) décrivant dans le détail des situations météorologiques : le type de temps, la température minimale et maximale et la force et la direction du vent.

La prévision saisonnière exprime le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous ou au-dessus de la moyenne. Ce qui donne pour la température « chaud », « normal » ou «froid », et pour les précipitations, « humide », « normal » ou « sec ». On cherchera par exemple à déterminer si l'été prochain sera en moyenne chaud et sec ou froid et humide en Europe de l'Ouest.

Pour effectuer ces tendance on utilise comme pour les prévisions classiques des modèles (simulations informatiques) planétaires. Mais, ceux-ci reproduisent en plus le comportement d'autres milieux en forte interaction avec l'atmosphère, comme l'océan. La structure océanique varie beaucoup moins vite que celle de l'atmosphère. La part de prévisibilité atmosphérique à échelle saisonnière provient justement de ce qu'on retrouve dans l'atmosphère une part de la variation lente océanique. On peut retrouver alors dans l'atmosphère des conditions qui vont privilégier par exemple un passage très au nord des perturbations atlantiques, ou qui vont modifier radicalement les zones soumises à de fortes pluies dans les tropiques, ou encore qui vont générer de fortes chaleurs et sécheresses.

Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. Elles sont très informatives dans la ceinture inter-tropicale, sur le pourtour du Pacifique. En revanche, la prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère au-dessus de l'océan atlantique aux latitudes tempérées. Ces prévisions sont donc à manier avec prudence.

 

 

Les tendances météorologiques globale pour les 3 prochains mois ( Juin - Juillet - Août ) en Europe

 

Un scénario plus chaud que la normale est privilégié sur une bonne partie du sud-est de l'Europe et du bassin méditerranéen, à cause de la persistance probable d'un anticyclone plus fort que la normale sur l'Europe continentale .

Sur la façade Atlantique, l'influence de l'Océan (encore anormalement frais en début de période) devrait maintenir des températures proches des normales à l'échelle de la saison.

Ailleurs, aucun scénario n'est privilégié sur le trimestre.


 

 

 

Ce signal chaud devrait s'accompagner de conditions plus sèches que la normale sur le sud-est de l'Europe, en moyenne sur les 3 mois à venir. Aucune tendance nette ne se dégage ailleurs.

 

 

   

 

Les températures de l'Océan Atlantique tropical nord devraient être sensiblement plus basses que la normale au cours des prochains mois. Cela devrait influencer notablement les précipitations sur les Antilles françaises (cf carte ci-dessous), qui devraient être inférieures aux normales pour le prochain trimestre (début de la saison humide). Par ailleurs, on prévoit des alizés plus forts que la normale dans le bassin caribéen. Ces éléments pourraient favoriser une atténuation de l'activité cyclonique sur le bassin Atlantique. 

 

 

Les tendances météorologiques détaillées pour les 6 prochains mois en Europe

             

  • Juillet 2018 : Un très vaste anticyclone devrait s’étendre sur la majeure partie de l’Europe, apportant des conditions très estivales, sèches, ensoleillées et chaudes, surtout entre l’Espagne et la Mer Noire. La France, l’Italie et les pays d’Europe Centrale seraient concernés par ces conditions. Mois agréable, assez sec mais températures de saison attendues des îles Britanniques au Danemark jusqu’à Moscou. En revanche, nuages et pluies s’imposeraient en Scandinavie et en Islande, avec de la fraîcheur en prime en Suède, Norvège et côté islandais. A noter une relative humidité orageuse sur le Maghreb avec une tendance orageuse relativement marquée.

 

  • Août 2018 : les hautes pressions seraient moins franchement installées sur l’Europe. L’anticyclone en retrait sur le proche Atlantique, l’anticyclone russe vers le centre de la Russie. Des dépressions circuleraient entre l’Islande et la Scandinavie. Un temps sec et ensoleillé est attendu sans surprise autour de la Méditerranée, mais aussi sur la France jusqu’en Angleterre au plus près de l’anticyclone, mais sous une relative fraîcheur en raison d’un flux d’ouest-nord-ouest du nord de la France aux îles Britanniques. Fraîcheur aussi mais sous des conditions humides voire pluvieuses une bonne partie du mois de l’Ecosse à la Scandinavie, débordant vers le Danemark ou encore la Pologne. La chaleur devrait se cantonner du Proche-Orient aux Balkans jusqu’en Italie et au sud-est de la France avec des températures supérieures aux normales.

 

  • Septembre 2018 : Des conditions anticycloniques devraient l’emporter du nord de l’Atlantique à l’Europe de l’Est, apportant un temps sec et souvent ensoleillé des îles Britanniques et de la France au sud de la Scandinavie jusqu’à l’ouest de la Russie, sous une certaine douceur en prime du nord de la péninsule Ibérique à la Grande-Bretagne jusqu’en Pologne. Un temps plus perturbé voire pluvieux sera probable en Islande sous la douceur et sur le nord de la Scandinavie jusqu’au nord de la Russie dans une ambiance plus fraîche. Une certaine instabilité orageuse s’installerait du Portugal et de l’Espagne au Maghreb jusqu’en Italie, voire jusqu’aux Balkans.

 

  •  Octobre 2018 : Des hautes pressions récurrentes devraient s’étaler des iles Britanniques à la Russie, apportant un temps calme, sec et souvent ensoleillé sur ces régions, mais frais voire froid avec des gelées précoces et fréquentes. A l’inverse des basses pressions concerneraient l’est de la Méditerranée et le Portugal. Le temps serait donc bien instable voire pluvieux sur l’ensemble des pays méditerranéens, humidité qui débordait vers les Balkans. Un temps doux voire assez chaud serait toutefois au programme. Plus mitigé et de saison entre ces deux zones.

 

  • Novembre 2018 : Un anticyclone devrait fréquemment s’étendre du nord de la Russie et du sud de la Scandinavie à l’Europe occidentale, faisant craindre un « Moscou-Paris » précoce et un risque de vague de froid sur une large partie du continent, jusqu’en France et même jusqu’au Maghreb. Novembre s’annonce froid vers très froid de la Russie aux îles Britanniques, en France, sur la péninsule Ibérique et l’Afrique du Nord, en passant par la Suisse, le Benelux ou encore l’Allemagne et la Pologne. La douceur se cantonnerait au Proche-Orient jusqu’aux Balkans et… du nord de la Finlande à l’Islande et surtout au Groenland. Temps sec attendu du coup sous les hautes pressions en dehors d’éventuels épisodes neigeux, plutôt rares malgré le froid. Une dépression récurrente entre le Golfe de Gênes et la Croatie apporterait en revanche d’importantes précipitations du sud-est de la France et de la Sardaigne jusqu’en Grèce.

 

  • Décembre 2018 : Les conditions anticycloniques s’étaleraient surtout du nord de l’Atlantique au nord de la Scandinavie ou encore sur le Maghreb où un temps assez sec s’imposerait en dehors de quelques pluies faibles ou flocons, dans une ambiance froide sur les îles Britanniques et l’extrême ouest de la péninsule Ibérique. Les dépressions quant à elles seraient assez récurrentes au large du Portugal, de l’Italie à la Turquie et sur l’ouest de la Russie. Les pluies s’annoncent fréquentes et abondantes tout autour de la Méditerranée jusqu’aux Balkans. Côté thermomètre, un excédent est attendu de la Finlande à la mer Noire jusqu’en Turquie. Le reste du vieux continent passerait ce mois de décembre sous des valeurs proches des chiffres de saison.

 

Les tendances météorologiques pour le semestre à venir en Europe par Frédéric Decker (Lameteo.org)    

  

  

 

Prévisions pour le trimestre novembre, décembre 2017 et janvier 2018 ailleurs dans le monde

Un évènement La Niña de faible intensité semble désormais probable pour le dernier trimestre de 2017. Des eaux océaniques plus froides que la normale vont donc s'étendre le long Pacifique équatorial, depuis les côtes du Pérou jusque vers la ligne de changement de date (180° Est ou Ouest!), repoussant les eaux chaudes plus à l'ouest, sur la Nouvelle Guinée, l'Indonésie, les Philippines, l'est de l'Australie. Ce phénomène a bien sûr des impacts sur la météorologie locale : moins de pluies et de cyclones sur les zones baignées par les eaux froides, comme en Polynésie française, davantage de précipitations au contraire au voisinage des eaux chaudes. Mais la « réponse » atmosphérique s'étend souvent au-delà de ces régions, avec par exemple des excédents de précipitations associés à la Niña sur la Réunion et Madagascar, ou encore des conditions plus froides que la normale sur l'ouest du Canada et le nord-ouest des États-Unis. Le flux océanique doux et humide prévu en Europe Occidentale pourrait être, en partie, également dû à La Niña.

 

 

Dernières projections d'ensemble (moyenne de 8 modèles) concernant les anomalies de températures à prévoir pour les 7 prochains mois à l'échelle du globe. Calcul basé sur 8 modèles développés par la NOAA.