+ Prévisions saisonnières en Europe à 6 mois
Dernière mise à jour : le 16/10/2018 à 16:49

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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La prévision saisonnière consiste à prévoir la moyenne des paramètres météorologiques (température, précipitations) pour une échéance allant jusqu'à 6 mois, à l'échelle global. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (limitées à 7 jours) décrivant dans le détail des situations météorologiques : le type de temps, la température minimale et maximale et la force et la direction du vent.

La prévision saisonnière exprime le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous ou au-dessus de la moyenne. Ce qui donne pour la température « chaud », « normal » ou «froid », et pour les précipitations, « humide », « normal » ou « sec ». On cherchera par exemple à déterminer si l'été prochain sera en moyenne chaud et sec ou froid et humide en Europe de l'Ouest.

Pour effectuer ces tendance on utilise comme pour les prévisions classiques des modèles (simulations informatiques) planétaires. Mais, ceux-ci reproduisent en plus le comportement d'autres milieux en forte interaction avec l'atmosphère, comme l'océan. La structure océanique varie beaucoup moins vite que celle de l'atmosphère. La part de prévisibilité atmosphérique à échelle saisonnière provient justement de ce qu'on retrouve dans l'atmosphère une part de la variation lente océanique. On peut retrouver alors dans l'atmosphère des conditions qui vont privilégier par exemple un passage très au nord des perturbations atlantiques, ou qui vont modifier radicalement les zones soumises à de fortes pluies dans les tropiques, ou encore qui vont générer de fortes chaleurs et sécheresses.

Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. Elles sont très informatives dans la ceinture inter-tropicale, sur le pourtour du Pacifique. En revanche, la prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère au-dessus de l'océan atlantique aux latitudes tempérées. Ces prévisions sont donc à manier avec prudence.

 

 

Les tendances météorologiques globale pour les 3 prochains mois  en Europe

 

Au cours des trois mois à venir, les conditions anticycloniques devraient continuer à être plus fréquentes que la normale sur le nord-est de l'Europe. Cette situation est favorable à des températures supérieures aux normales sur une grande partie est du continent.  Sur l'ouest du continent en revanche, pas de scénario privilégié en matière de température au cours du prochain trimestre.


 

 

 

Les conditions climatiques prévues pour le trimestre prochain devraient générer moins de précipitations que la normale autour de l'Ukraine et plus sur l'est du bassin méditerranéen. Ailleurs, et notamment sur la France, aucune tendance ne se dégage.

 

 

   

 

 

 

Les tendances météorologiques détaillées pour les 6 prochains mois en Europe

               

  •  Octobre 2018 : Des hautes pressions récurrentes devraient s’étaler des iles Britanniques à la Russie, apportant un temps calme, sec et souvent ensoleillé sur ces régions, mais frais voire froid avec des gelées précoces et fréquentes. A l’inverse des basses pressions concerneraient l’est de la Méditerranée et le Portugal. Le temps serait donc bien instable voire pluvieux sur l’ensemble des pays méditerranéens, humidité qui débordait vers les Balkans. Un temps doux voire assez chaud serait toutefois au programme. Plus mitigé et de saison entre ces deux zones.

 

  • Novembre 2018 : Un anticyclone devrait fréquemment s’étendre du nord de la Russie et du sud de la Scandinavie à l’Europe occidentale, faisant craindre un « Moscou-Paris » précoce et un risque de vague de froid sur une large partie du continent, jusqu’en France et même jusqu’au Maghreb. Novembre s’annonce froid vers très froid de la Russie aux îles Britanniques, en France, sur la péninsule Ibérique et l’Afrique du Nord, en passant par la Suisse, le Benelux ou encore l’Allemagne et la Pologne. La douceur se cantonnerait au Proche-Orient jusqu’aux Balkans et… du nord de la Finlande à l’Islande et surtout au Groenland. Temps sec attendu du coup sous les hautes pressions en dehors d’éventuels épisodes neigeux, plutôt rares malgré le froid. Une dépression récurrente entre le Golfe de Gênes et la Croatie apporterait en revanche d’importantes précipitations du sud-est de la France et de la Sardaigne jusqu’en Grèce.

 

  • Décembre 2018 : Les conditions anticycloniques s’étaleraient surtout du nord de l’Atlantique au nord de la Scandinavie ou encore sur le Maghreb où un temps assez sec s’imposerait en dehors de quelques pluies faibles ou flocons, dans une ambiance froide sur les îles Britanniques et l’extrême ouest de la péninsule Ibérique. Les dépressions quant à elles seraient assez récurrentes au large du Portugal, de l’Italie à la Turquie et sur l’ouest de la Russie. Les pluies s’annoncent fréquentes et abondantes tout autour de la Méditerranée jusqu’aux Balkans. Côté thermomètre, un excédent est attendu de la Finlande à la mer Noire jusqu’en Turquie. Le reste du vieux continent passerait ce mois de décembre sous des valeurs proches des chiffres de saison.
 
  • Janvier 2019 : l'hiver pourrait revenir en force avec un barrage de hautes pressions du nord de l’Atlantique à la Russie, dirigeant de l’air froid à glacial sur une très large partie de l’Europe durant deux à trois semaines, voire davantage. Ce froid n’épargnerait que l’Islande et l’extrême nord de la Scandinavie. Températures davantage de saison voire élevées pour un mois de janvier aussi du Maghreb et de l’Andalousie aux Balkans jusqu’au Proche-Orient. Côté précipitations, le froid serait sec des îles Britanniques à la Russie en dehors d’effets côtiers le long de la mer Baltique. Les dépressions méridionales pourraient en revanche apporter des épisodes neigeux fréquents et conséquents des plateaux espagnols à la France jusqu’au nord de la Mer Noire. Beaucoup d’intempéries d’autre part tout autour de la Méditerranée avec des pluies et orages fréquents, faisant craindre des inondations.

 

  • Février 2019 : dans la continuité de janvier, février pourrait afficher des couleur bien hivernales sur l’Europe. Les hautes pressions récurrentes, plus au nord entre le nord de l’Atlantique et la Norvège, pourrait à nouveau diriger régulièrement de l’air froid sur la majeure partie du vieux continent. Moins froid sans doute qu’en janvier grâce à quelques incursions océaniques plus douces. La douceur se cantonnerait plutôt au Groenland et au Proche-Orient. Un temps sec est envisagé du nord de l’Europe jusqu’au Portugal et jusqu’au nord des Balkans. En revanche, les pays méditerranéens connaîtraient un mois très perturbé, pluvieux, orageux voire neigeux sur les montagnes les plus proches.

 

  • Mars 2019 : L’anticyclone des Açores devrait s’étirer entre le Portugal et l’Irlande, s’étalant assez loin vers l’est. Mars 2019 serait donc calme sur une grande partie de l’Europe, notamment de l’ouest de la péninsule Ibérique aux îles Britanniques avec un temps plutôt sec, mais sous une relative fraîcheur. Les précipitations s’annoncent importantes en revanche sur la Tunisie, l’Algérie et surtout vers les Baléares sous une dépression récurrente, débordant vers la Corse, la Sardaigne et le sud-est de la France. Pluies et orages domineraient ce mois de la Grèce au Proche-Orient. Froid et neige devraient intéresser la Russie centrale. L’Islande, la Norvège, le nord de la Suède et le Proche-Orient pourraient connaître des températures supérieures aux chiffres de saison pour ce premier moins du printemps météo 2019.

 

  • Avril 2019 : Des dépressions devraient circuler entre l’océan, l’Europe Centrale et la mer Caspienne, apportant une certaine humidité de l’Ecosse au Portugal, de la Pologne et du sud de l’Allemagne au nord de la Grèce jusqu’au Proche-Orient, avec des précipitations orageuses parfois très abondantes sur les Balkans. Les hautes pressions maintiendraient un temps plus sec du sud de la France au Maroc jusqu’en Tunisie et dans une moindre mesure en Scandinavie. Côté thermomètre, la fraicheur l’emporterait des îles Britanniques au nord de la France jusqu’au sud de la mer Baltique, mais aussi sur l’ouest de la péninsule Ibérique et le nord-ouest de la Russie. Au contraire, douceur sur l’Afrique du Nord, une bonne moitié nord de la Scandinavie et de la mer Noire au Proche-Orient.

 

Les tendances météorologiques pour le semestre à venir en Europe par Frédéric Decker (Lameteo.org)    

  

  

 

Prévisions pour les prochains mois ailleurs dans le monde

L'Océan Pacifique se réchauffe lentement le long de l'équateur. L'apparition d'un phénomène El Niño de faible intensité reste très probable pour la fin de l'année. C'est un élément essentiel à l'échelle du globe pour la prévision saisonnière car c'est une des principales sources de prévisibilité à ces échéances lointaines.

Les conséquences vont progressivement se faire sentir à proximité de la zone océanique concernée au cours du trimestre prochain avec une augmentation des précipitations sur le Pacifique et une diminution sur l'Australie, l'Indonésie, les Philippines ou la Malaisie.

Sur l'Atlantique tropical, entre les côtes de l'Afrique Occidentale et les Caraïbes, la persistance de températures de l'océan inférieures aux normales devrait limiter les précipitations sur les Antilles. Sur l'Atlantique nord, aucune tendance ne se dégage pour la fin de la saison cyclonique.

 

 

 

Dernières projections d'ensemble (moyenne de 8 modèles) concernant les anomalies de températures à prévoir pour les 7 prochains mois à l'échelle du globe. Calcul basé sur 8 modèles développés par la NOAA.