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Dernière mise à jour : le 21/08/2018 à 08:47

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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La prévision saisonnière consiste à prévoir la moyenne des paramètres météorologiques (température, précipitations) pour une échéance allant jusqu'à 6 mois, à l'échelle global. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (limitées à 7 jours) décrivant dans le détail des situations météorologiques : le type de temps, la température minimale et maximale et la force et la direction du vent.

La prévision saisonnière exprime le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous ou au-dessus de la moyenne. Ce qui donne pour la température « chaud », « normal » ou «froid », et pour les précipitations, « humide », « normal » ou « sec ». On cherchera par exemple à déterminer si l'été prochain sera en moyenne chaud et sec ou froid et humide en Europe de l'Ouest.

Pour effectuer ces tendance on utilise comme pour les prévisions classiques des modèles (simulations informatiques) planétaires. Mais, ceux-ci reproduisent en plus le comportement d'autres milieux en forte interaction avec l'atmosphère, comme l'océan. La structure océanique varie beaucoup moins vite que celle de l'atmosphère. La part de prévisibilité atmosphérique à échelle saisonnière provient justement de ce qu'on retrouve dans l'atmosphère une part de la variation lente océanique. On peut retrouver alors dans l'atmosphère des conditions qui vont privilégier par exemple un passage très au nord des perturbations atlantiques, ou qui vont modifier radicalement les zones soumises à de fortes pluies dans les tropiques, ou encore qui vont générer de fortes chaleurs et sécheresses.

Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. Elles sont très informatives dans la ceinture inter-tropicale, sur le pourtour du Pacifique. En revanche, la prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère au-dessus de l'océan atlantique aux latitudes tempérées. Ces prévisions sont donc à manier avec prudence.

 

 

Les tendances météorologiques globale pour les 3 prochains mois ( Août - Septembre - Octobre ) en Europe

 

Les situations anticycloniques devraient être plus fréquentes que la normale sur le nord de l'Europe au cours des trois mois à venir. Ce contexte est favorable à des températures supérieures aux normales sur une grande partie du continent, les probabilités les plus fortes couvrent l'Europe centrale.

En bordure de l'Atlantique, les conditions sont plus incertaines. Sur l'ouest de la péninsule ibérique, on s'attend à des températures proches des normales : en effet l'Océan devrait rester relativement frais et limiter le réchauffement de l'atmosphère.


 

 

 Les conditions anticycloniques devraient favoriser un temps plus sec qu'à l'accoutumée depuis les îles Britanniques jusqu'aux Pays Baltes (moitié nord de la France incluse). Plus au sud, les orages pourraient être plus nombreux que d'habitude, en particulier sur l'Italie, les Balkans, et la Grèce. Aucun scénario ne se dégage sur la moitié sud de notre pays ; seule la Corse pourrait connaître des conditions plus humides que d'ordinaire en été.

Aucune tendance nette ne se dégage ailleurs en Europe.

 

 

   

 

 

 

Les tendances météorologiques détaillées pour les 6 prochains mois en Europe

              

  • Août 2018 : a situation météo dominante du mois d’août risque finalement de ressembler à celles de juin et juillet, avec un blocage anticyclonique récurrent entre la Scandinavie et les îles Britanniques, donnant des conditions anormalement sèches et chaudes s’éternisant, le tout débordant vers la France, le Benelux, la Suisse, l’Allemagne, la Pologne… Au contraire, des dépressions pourraient jouer les prolongations de la péninsule Ibérique au Proche-Orient en passant par le nord de l'Afrique, l’Italie, la Grèce, les Balkans ou encore la Turquie. Sur ces pays, les températures s’annoncent de saison, voire déficitaires sur le Portugal, l’Espagne, la Grèce, les Balkans et le Proche-Orient. 

 

  • Septembre 2018 : Des conditions anticycloniques devraient l’emporter du nord de l’Atlantique à l’Europe de l’Est, apportant un temps sec et souvent ensoleillé des îles Britanniques et de la France jusqu’à l’ouest de la Russie, sous une certaine douceur en prime du nord du nord-est de la France jusqu’en Pologne et à l’ouest russe. Un temps plus perturbé voire pluvieux sera probable en Islande sous la douceur et sur le nord de la Russie dans une ambiance plus fraîche. Une certaine instabilité orageuse s’installerait du Portugal et de l’Espagne à l’Afrique du Nord jusqu’en Italie, voire jusqu’aux Balkans, mais surtout entre les Baléares et l’Italie où des pluies orageuses à répétition seraient à craindre.

  •  Octobre 2018 : Des hautes pressions récurrentes devraient s’étaler des iles Britanniques à la Russie, apportant un temps calme, sec et souvent ensoleillé sur ces régions, mais frais voire froid avec des gelées précoces et fréquentes. A l’inverse des basses pressions concerneraient l’est de la Méditerranée et le Portugal. Le temps serait donc bien instable voire pluvieux sur l’ensemble des pays méditerranéens, humidité qui débordait vers les Balkans. Un temps doux voire assez chaud serait toutefois au programme. Plus mitigé et de saison entre ces deux zones.

 

  • Novembre 2018 : Un anticyclone devrait fréquemment s’étendre du nord de la Russie et du sud de la Scandinavie à l’Europe occidentale, faisant craindre un « Moscou-Paris » précoce et un risque de vague de froid sur une large partie du continent, jusqu’en France et même jusqu’au Maghreb. Novembre s’annonce froid vers très froid de la Russie aux îles Britanniques, en France, sur la péninsule Ibérique et l’Afrique du Nord, en passant par la Suisse, le Benelux ou encore l’Allemagne et la Pologne. La douceur se cantonnerait au Proche-Orient jusqu’aux Balkans et… du nord de la Finlande à l’Islande et surtout au Groenland. Temps sec attendu du coup sous les hautes pressions en dehors d’éventuels épisodes neigeux, plutôt rares malgré le froid. Une dépression récurrente entre le Golfe de Gênes et la Croatie apporterait en revanche d’importantes précipitations du sud-est de la France et de la Sardaigne jusqu’en Grèce.

 

  • Décembre 2018 : Les conditions anticycloniques s’étaleraient surtout du nord de l’Atlantique au nord de la Scandinavie ou encore sur le Maghreb où un temps assez sec s’imposerait en dehors de quelques pluies faibles ou flocons, dans une ambiance froide sur les îles Britanniques et l’extrême ouest de la péninsule Ibérique. Les dépressions quant à elles seraient assez récurrentes au large du Portugal, de l’Italie à la Turquie et sur l’ouest de la Russie. Les pluies s’annoncent fréquentes et abondantes tout autour de la Méditerranée jusqu’aux Balkans. Côté thermomètre, un excédent est attendu de la Finlande à la mer Noire jusqu’en Turquie. Le reste du vieux continent passerait ce mois de décembre sous des valeurs proches des chiffres de saison.
 
  • Janvier 2019 : l'hiver pourrait revenir en force avec un barrage de hautes pressions du nord de l’Atlantique à la Russie, dirigeant de l’air froid à glacial sur une très large partie de l’Europe durant deux à trois semaines, voire davantage. Ce froid n’épargnerait que l’Islande et l’extrême nord de la Scandinavie. Températures davantage de saison voire élevées pour un mois de janvier aussi du Maghreb et de l’Andalousie aux Balkans jusqu’au Proche-Orient. Côté précipitations, le froid serait sec des îles Britanniques à la Russie en dehors d’effets côtiers le long de la mer Baltique. Les dépressions méridionales pourraient en revanche apporter des épisodes neigeux fréquents et conséquents des plateaux espagnols à la France jusqu’au nord de la Mer Noire. Beaucoup d’intempéries d’autre part tout autour de la Méditerranée avec des pluies et orages fréquents, faisant craindre des inondations.

 

  • Février 2019 : dans la continuité de janvier, février pourrait afficher des couleur bien hivernales sur l’Europe. Les hautes pressions récurrentes, plus au nord entre le nord de l’Atlantique et la Norvège, pourrait à nouveau diriger régulièrement de l’air froid sur la majeure partie du vieux continent. Moins froid sans doute qu’en janvier grâce à quelques incursions océaniques plus douces. La douceur se cantonnerait plutôt au Groenland et au Proche-Orient. Un temps sec est envisagé du nord de l’Europe jusqu’au Portugal et jusqu’au nord des Balkans. En revanche, les pays méditerranéens connaîtraient un mois très perturbé, pluvieux, orageux voire neigeux sur les montagnes les plus proches.

 

Les tendances météorologiques pour le semestre à venir en Europe par Frédéric Decker (Lameteo.org)    

  

  

 

Prévisions pour le trimestre août - septembre -octobre 2018 ailleurs dans le monde

Le suivi des conditions océaniques à l'échelle du globe est essentielle pour la prévision saisonnière. En effet les océans sont la principale source de prévisibilité à ces échéances lointaines.

Sur la carte ci-dessous, on peut voir la prévision des anomalies de température de surface des océans par le modèle de Météo-France pour le trimestre août-septembre-octobre. C'est en fait une moyenne de 51 prévisions, lancées sur la même période. La carte n'indique donc qu'une tendance générale mais pas l'incertitude associée, d'autres cartes plus complexes permettent de le faire.

Pour la prévision des mois à venir, on peut par exemple isoler deux signaux particulièrement intéressants :

  • dans l'Océan Pacifique, des anomalies chaudes le long de l'équateur : l'apparition de cette anomalie suggère une probable évolution vers un épisode El Niño. Cela reste bien sûr à confirmer, ce scénario ne faisant pas encore totalement consensus.
  •  dans l'Océan Atlantique, des anomalies froides des côtes de l'Afrique à la Caraïbe. Ces anomalies sont présentes depuis quelques mois, et leur persistance impacte par exemple le climat des Antilles, avec une forte probabilité de déficit de précipitations. En outre c'est un facteur limitant pour l'activité cyclonique à l'échelle du bassin Atlantique.

 

 

Dernières projections d'ensemble (moyenne de 8 modèles) concernant les anomalies de températures à prévoir pour les 7 prochains mois à l'échelle du globe. Calcul basé sur 8 modèles développés par la NOAA.

 

 

 

  

 

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