Veille données et statistiques
Dernière mise à jour : le 22/10/2019 à 15:33

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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Depuis 2001, notre cabinet d’étude spécialisé dans l’étude des risques naturels, Ubyrisk Consultants, effectue une veille permanente des catastrophes naturelles survenant dans le monde. Les événements référencés (près de 13 000), compilés dans la base de données « BD CATNAT  » permettent d’établir des statistiques précises à l’échelle global ou nationale. A l’occasion de sa 15ème année d’existence, Ubyrisk Consultants publie une étude fournissant un panorama exhaustif des catastrophes naturelles survenues en France et dans les DOM au cours de la période 2001-2015.

 

Depuis le 1er janvier 2001, pas moins de 1391 événements naturels dommageables se sont produit dans en France et dans les DOM, causant la mort directe ou indirecte de 25 193 personnes et coûtant plus de 27 milliards d’€. Du point de vu des conséquences humaines, les canicules, et en particulier celle de l’été 2003, restent les événements les plus mortifères avec près de 23 000 victimes. Si l’on considère les événements les coûteux et dommageables d’un point de vu matériel, les tempêtes tempérées Klaus de janvier 2009 et Xynthia en février 2010 arrive en tête des événements les plus importants avec un coût respectif de 4,7 et 3,6 milliards d’€.


Ces chiffres cachent cependant une évolution à long terme qui peut sembler surprenante puisque les événements enregistrés ces 15 dernières années font apparaître, par rapport aux 15 années précédentes (1986-2000) : une augmentation très modérée de leur fréquence, une baisse de la fréquence des événements graves, une baisse de leur gravité globale moyenne (cumul des gravités humaines et matérielles) mais une hausse de leurs conséquences économiques.

 

DES EVENEMENTS EN TRES FAIBLE AUGMENTATION ET ESSENTIELLEMENT D’ORIGINE ATMOSPHERIQUE


b_300_200_16777215_00_images_stories_images_donnees_graph_nbre_evt_vict_frce_2011-2015.JPGDepuis 2001, pas moins de 1391 catastrophes naturelles ont été recensées en France et dans les DOM soit en moyenne 92 événements par an. Avec 132 événements recensés, l’année 2003 apparaît comme la plus sinistrée suivie par l’année 2001 (113 événements) tandis que l’année 2008 est a été la moins sinistrée (69 événements).

47 % des événements naturels dommageables enregistrés entre 2001 et 2015 sont d’origine météorologique (tempêtes, cyclones, intempéries, tornades orages, grêle, neige), 30,6 % sont d’origine climatique (incendies de forêt, sécheresse, canicule, vague de froid), 15,5 % d’origine hydrologique (inondations) et seulement 6,8 % d’origine géologique (séismes, éruptions ou mouvements de terrain). Notre pays est donc sensiblement exposé aux risques d’origine atmosphérique. La part de ces types d’aléas y est presque deux fois importante qu’à l’échelle mondiale.

En termes de fréquence de typologie d’aléa, les incendies de forêt constituent le risque naturel le plus fréquent (27 % des événements), suivis par les inondations (16,4 % des occurrences) et enfin les orages (14,5 % des événements) et les avalanches (14 % des événements).

Si les statistiques mondiales qui montrent un net accroissement du nombre de catastrophes au cours des 15 dernières années, cette tendance ne se retrouve pas pour la France pour laquelle le nombre d’événements annuel reste assez stable avec une croissance modérée de l’ordre de 4 %enregistrée sur la période.

En revanche, si l’on compare les 15 dernières années aux 15 précédentes (1986-2000) on constate au contraire une stagnation du nombre global d’événements et une baisse de l’ordre de 8 % des événements notables (faisant des victimes et causant des dommages d’ampleur au moins régionale). On ne peut donc pas conclure à une augmentation franche du nombre de catastrophes naturelles dans notre pays au cours des 30 dernières années.

 


DES CATASTROPHES NATURELLES QUI SURVIENNENT MAJORITAIREMENT EN SAISON FROIDE ET DANS LE SUD DU PAYS

carte evt frce 2001 2015
carte evt frce 2001 2015
La répartition mensuelle moyenne des événements fait apparaître deux pics d’événements, l’un centré sur été et l’autre au mois de janvier. Le pic hivernal s’explique par le fait que les événements les plus fréquents (inondations et avalanches) surviennent préférentiellement en hiver dans notre pays. Le pic estival s’explique par le fait que ces mois concentrent la majorité des incendies de forêt et des orages.

L’analyse de la répartition spatiale des événements montre une forte concentration dans le tiers Sud du pays. Celui-ci concentre en effet, 50 % des événements recensés entre 2001 et 2015.



DES EVENEMENTS MOINS GRAVES, MOINS COUTEUX MAIS AU BILAN HUMAIN ELEVES

Gravité globale - 92 % des événements recensés appartiennent aux deux échelons inférieurs de notre grille de caractérisation des événements (événements faisant moins de 5 victimes ou blessés et ayant des conséquences matérielles régionale au maximum) qui compte 6 niveaux . A l’échelle mondiale, cette part atteint 69 %. Les événements survenant en France sont donc généralement moins graves que ceux survenant à l’échelle globale.

 

La gravité moyenne annuelle des événements connait quant à elle une importante variation interannuelle. Cependant, sur la période étudiée, le niveau de gravité moyen des événements ne s’est pas accru, bien au contraire, malgré l’augmentation modérée de la fréquence des événements, la gravité moyenne de ceux-ci est en diminution depuis 2008.



Conséquences humaines – Entre 2001 et 2015, les catastrophes naturelles ont fait 25193 victimes en France et dans les DOM. Ce chiffre particulièrement élevé s’explique principalement par la canicule de l’été 2003 qui est responsable à elle seule de 19 490 victimes (principalement par surmortalité par rapport à la normale).

Hors canicules, le nombre moyen de victimes des catastrophes naturelles s’établit à 59 par an avec un pic de mortalité se concentrant sur les mois d’hiver (janvier et février notamment).

Même en excluant la canicule de 2003, qui représente à elle seule plus de 96 % des victimes de la période, les canicules restent les événements les plus mortifères (4822 morts soit 84,5 % des victimes) puis viennent les avalanches - avec 288 morts - représentent plus de 5,1 % des victimes. Les inondations arrivent en 3ème position avec 201 morts (3,5 % du total) suivies par les tempêtes qui ont causé la mort de 119 personnes (2,1 % du total).

 

Conséquences économiques - Entre 2001 et 2015, le coût total des dommages liés aux catastrophes naturelles est estimé à 26,4 milliards d’€. Le coût annuel moyen des dommages liés aux catastrophes naturelles s’élève donc au minimum à 1,76 milliard d’€. Ce chiffre élevé cache cependant de fortes disparités interannuelles puisqu’il existe un facteur 6 entre l’année la moins coûteuse (2012) et la plus coûteuse (2003).

La quasi-totalité des préjudices économiques liés aux catastrophes naturelles sont le fait d’événements d’origine atmosphérique (hydrologiques, climatique ou météorologiques). En effet, les tempêtes tempérées représentent le risque naturel le plus onéreux avec plus de 40 % des coûts de la période considérée, suivies de près par les inondations (34,3 % des coûts) et les canicules (16,6 % des coûts).

Enfin, si l’on ne considère que les dommages assurés, la période étudiée ne montre pas une augmentation des coûts mais au contraire une diminution de ceux-ci par rapport aux 15 années précédentes : entre 1986 et 2000 le coût des dommages assurés liés aux aléas naturels s’est élevé à 27,57 milliards d’€ contre 21,5 milliards d’€ pour la période 2001-2015.

Cette réalité trouve une partie de son explication dans le fait que les 15 dernières années n’ont pas été marquées par autant d’événements extrêmes que les 15 années précédentes. En revanche, le coût unitaire des sinistres liés à des événements naturels est en augmentation constante du fait notamment de l’augmentation de la valeur des biens impactés.

 


EVOLUTION DES CATASTROPHES NATURELLES EN FRANCE DANS LE CONTEXTE DE RECHAUFFEMENT GLOBAL

La France connaît depuis un siècle un réchauffement de sa température moyenne (de l’ordre de 1,2 °C en moyenne sur les 100 dernières années). Depuis plusieurs années déjà il est d’usage, à chaque catastrophe naturelle d’origine atmosphérique, d’incriminer le réchauffement global et ce, tant pour des événements survenant dans notre pays que dans le reste du monde. Le changement climatique est également désigné comme responsable direct de l’augmentation apparente de la fréquence des événements. Mais qu’en est-il vraiment au regard de la réalité des chiffres ?

L’augmentation, certes modérée (de l’ordre de 4 %), des événements en France est surtout le fait de la multiplication des événements de petite intensité. En effet, si l’on ne considère que les événements ayant une importance notable (c’est-à-dire ayant fait au moins 5 victimes ou plus de 10 blessés et / ou ayant causé des dommages matériels notables à une échelle au moins régionale - niveau 2 de notre échelle de gravité), on constate une baisse de la fréquence des événements (de l’ordre de 3 % sur la période).

Il y a donc un peu plus d’événement mais cette augmentation est davantage à rechercher dans la démultiplication des petits événements plus que dans un nombre accru de catastrophes naturelles de forte intensité.

Une des explications principales à cette observation est l’évolution démographique et la dynamique /organisation spatiale de celle-ci, qui augmentent mécaniquement les expositions. En effet, l’accroissement de la population s’effectue majoritairement à la fois en milieu urbain mais aussi avec une tendance à se concentrer dans les territoires situés à moins de 100 km des côtes et / ou des zones naturellement davantage prédisposées à des événements extrêmes (région méditerranéennes par exemple). Or, davantage de population dans des villes toujours plus étendues, souvent à proximité des littoraux et / ou dans des zones sensibles constituent des facteurs d’augmentation notables des expositions. 

 

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Statistiques base BD CATNAT

Nombre d’événements recensés depuis 2001 (vu au 21/10/2019)
  • En France / DOM : 1.810
  • A l’étranger : 15.153
Nombre de victimes recensées depuis 2001 (vu au 21/10/2019)
  • En France / DOM : 28.831
  • A l’étranger : 1.306.832
Coût depuis 2001 en millions de $ (vu au 21/10/2019)
  • En France / DOM : 37.090
  • A l’étranger : 2.944.117
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