Veille données et statistiques
Dernière mise à jour : le 18/09/2019 à 08:06

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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Depuis 2001, notre cabinet d’étude spécialisé dans l’étude des risques naturels, Ubyrisk Consultants, effectue une veille permanente des catastrophes naturelles survenant dans le monde. Les événements référencés (près de 13 000), compilés dans la base de données « BD CATNAT  » permettent d’établir des statistiques précises à l’échelle global ou nationale. A l’occasion de sa 15ème année d’existence, Ubyrisk Consultants publie une étude fournissant un panorama exhaustif des catastrophes naturelles survenues dans le Monde au cours de la période 2001-2015.

Entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2015, pas moins de 12657 événements naturels dommageables se sont produit dans le monde, causant la mort directe ou indirecte de 1 282 993 personnes et coûtant plus de 2100 milliards de $ de dommages. Ces chiffres cachent cependant une évolution à long terme qui peut sembler surprenante puisque les événements enregistrés ces 15 dernières années font apparaître, par rapport aux 15 années précédentes (1986-2000) : une augmentation très modérée de leur fréquence, une baisse de la fréquence des événements graves, une baisse de leur gravité globale moyenne (cumul des gravités humaines et matérielles) mais une hausse de leurs conséquences économiques.

 

DES EVENEMENTS EN TRES FAIBLE AUGMENTATION ET ESSENTIELLEMENT D’ORIGINE ATMOSPHERIQUE


b_300_200_16777215_00_images_stories_images_donnees_graph_nbre_evt_vict_monde_2011-2015.JPGDu 1er janvier 2001 au 31 décembre 2015, 12657 catastrophes naturelles ont été recensées dans le monde soit en moyenne 844 événements par an. Sur les 15 dernières années le nombre d’événement s’est accrue en moyenne de 2 % / an dans le monde

Sur la période étudiée, on constate deux paliers distincts d’augmentation du nombre d’événement : en 2005 puis depuis 2012. A cet égard, les 5 dernières années rassemblent près de 40 % des événements survenus ces 15 dernières années. 

D’une manière générale, 42,3 % des événements naturels dommageables sont d’origine météorologiques (tempêtes, cyclones, intempéries, tornades orages, grêle, neige), 23 % d’origine hydrologique (inondations et coulées de boue), 18,7 % climatique (incendies de forêt, sécheresse, canicule, vague de froid) et 15,1 % d’origine géologique (séismes, mouvements de terrain).

En termes de fréquence de typologie d’aléa, avec 3101 événements recensés les inondations constituent plus d’un d’un quart des catastrophes,  suivies par les incendies de forêt (1840 événements soit 14,5% des événements recensés) et les orages / foudre (1354 événements soit près de 11 %).

L’augmentation de la fréquence des événements est surtout le fait de la multiplication des événements de petite intensité. En effet, si l’on ne considère que les événements les plus importants (ayant fait au moins 5 victimes ou plus de 10 blessées et / ou ayant causé des dommages matériels notables à une échelle au moins régionale), on constate que leur nombre annuel n’évolue guère sur la période contrairement aux événements de plus faible intensité. Il y a donc certes davantage d’événement mais cette augmentation est davantage à rechercher dans la démultiplication des petits événements que dans un nombre accru de catastrophes naturelles de forte intensité.


DES CATASTROPHES NATURELLES QUI SURVIENNENT MAJORITAIREMENT EN SAISON CHAUDE ET EN ASIE ET AMERIQUES

b_300_200_16777215_00_images_stories_images_donnees_carte_evt_monde_2001-2015.JPGLa répartition mensuelle moyenne des événements sur 10 ans montre un pic d’événements en saison estivale. Cela s’explique notamment par le fait que nos données référencent les incendies de forêt et les orages qui sont des phénomènes très récurrents en période estivale dans l’hémisphère Nord.

Avec 3735 événements recensés, le continent Américain (Amérique du Nord et du Sud) est le continent le plus fréquemment touché suivi de très près par le continent asiatique (3704 événements) et l’Europe (3160 événements).
Lorsque l’on considère les 20 pays ayant subi le plus d’événements au cours de la décennie, cette hiérarchie est un peu différente puisque 7 pays d’Asie sont représentés, 6 pour l’Europe, suivi par le continent Américain avec 3 pays.



BILAN EN TERMES DE CONSEQUENCES HUMAINES ET MATERIELLE

Gravité globale (humaine et matérielle) - Si l’on considère la gravité des événements, près de 43 % des catastrophes recensées atteignent le niveau 2 (" événement notable " faisant de 1 à 5 victimes et / ou plus de 10 blessés et provoquant des dommages matériels totaux ou partiels à l'échelle locale) sur notre grille de qualification d'importance des événements qui compte 6 niveaux.

Les " événements graves " de niveau 3 (nombre de victimes compris entre 6 et 50 avec des dommages matériels à l'échelle régionale) représentent chacun 23 % des catastrophes naturelles référencées. Les événements de niveaux supérieurs 4 à 6 (faisant plus de 50 victimes et des dommages matériels, de l'échelle nationale à supra-nationale) représentent environ 10 % des événements.

La gravité moyenne annuelle des événements est restée relativement stable au cours de la décennie : celle-ci a atteint un maximum de 2,33 en 2003 et un minimum de 1,99 en 2008. Il semble donc que le niveau de gravité global moyen des événements ait diminué depuis le début de la période même si l’on note une remontée depuis 2012.



Conséquences humaines – Au cours de la dernière décennie, les catastrophes naturelles ont fait en moyenne 85 532 morts par an. Ce chiffre cache cependant une forte variabilité inter-annuelle puisqu’il existe une différence de facteur 29 entre l’année la moins meurtrière (2014 avec 10 470 morts) et celle où l’on déplore le plus grand nombre de victimes (2010 avec 298 130 morts). Les années ayant les plus lourds bilans humains (2003, 2004, 2008 et 2010) sont celles durant lesquelles un ou plusieurs événements majeurs (canicule en Europe en 2003, tsunami en 2004, séisme au Pakistan en 2005, cyclone Nargis en Birmanie et séisme en Chine en 2008, séisme en Haïti et canicule en Russie en 2010).

Avec 473 618 morts, les séismes représentent près de 37 % des victimes liées aux catastrophes naturelles de la décennie écoulée. Les tsunamis viennent en seconde position avec 291 423 morts (22,7 % du total) suivis par les cyclones et tempêtes tropicales qui ont causé la mort de 247 372 personnes (19,3 % du total).

L’Asie est de loin le continent où les catastrophes naturelles tuent le plus puisque l’on y dénombre 67,4 % des victimes (870 505 morts). Les Amériques (Nord et Sud) arrivent en seconde position avec 20,2 % des victimes (259 075 morts) et l’Europe en troisième place avec 10,2 % des victimes (131 206 morts). On notera que la position des Amériques est en partie due au séisme de janvier 2010 survenu en Haïti qui a fait à lui seul 222 750 victimes.

Ces chiffres démontrent, s’il en était encore besoin, la très forte vulnérabilité humaine des pays en voie de développement : dans ces derniers, la lourdeur du bilan des catastrophes naturelles se compte surtout en vies humaines alors que dans les pays développés, les conséquences sont surtout financières.

 

Conséquences économiques - Entre 2001 et 2015, le coût total des catastrophes naturelles est estimé à 2132 milliards de $ dont presque un tiers (28,2 % soit 601 milliards de $) ont été pris en charge par les compagnies d’assurance et de réassurance. Il s’agit de la période la plus coûteuse depuis 1980.

Au regard de ces chiffres, le coût économique annuel moyen des catastrophes naturelles dans le monde s’élève à 142,13 milliards de $. Néanmoins, cette moyenne cache l’existence d’une importante variation interannuelle. En effet, les coûts totaux varient d’un facteur 11 entre l’année la moins coûteuse (2001) et la plus coûteuse (2011) tandis que les coûts assurés ont variés d’un facteur 9.

Les cyclones et tempêtes tropicales sont les événements les plus coûteux : ils représentent 29 % du coût total des dommages liés aux catastrophes naturelles entre 2001 et 2015. La part élevée de cet aléa s’explique par le fait que ces événements sont récurrents (91 en moyenne / an dont 53 atteignent le stade cyclonique), qu’ils touchent souvent plusieurs pays et que plusieurs grands pays développés et / ou émergents (Chine, Inde…)  sont directement exposés à cet aléa. Inondations et les séismes arrivent en 2ème et 3 ème position avec 20,2 % et 13,4 % des coûts.

 


EVOLUTION DES CATASTROPHES NATURELLES EN FRANCE DANS LE CONTEXTE DE RECHAUFFEMENT GLOBAL

Depuis plusieurs années déjà il est d’usage, à chaque catastrophe naturelle d’origine atmosphérique , d’incriminer le réchauffement global et ses conséquences sur les événements extrêmes. En effet, ce dernier est quasi systématiquement désigné comme responsable direct de l’augmentation apparente de la fréquence des événements. Mais qu’en est-il vraiment au regard de la réalité des chiffres ?

Dans un premier temps si l’on observe la courbe du nombre de catastrophes naturelles d’origine atmosphérique depuis 1980 (tel que référencé par le Centre d’Epistémiologie de l’Université de Louvain, (CRED ) référence en la matière) on observe une indéniable et régulière augmentation du nombre annuel d’événement avec néanmoins des variations interannuelles notables ainsi que des périodes de fortes fréquences (comme durant les 7 premières années du siècle). Ainsi sur la période observée la fréquence moyenne annuelle des événements par période de 5 ans est passée de 148 à 288 soit une augmentation de 202 %.

Cependant voir dans cette forte augmentation de fréquence les conséquences du changement climatique global serait très réducteur. En effet, de nombreux autres paramètres - anthropiques notamment - entre en jeu. Parmi les principaux citons notamment :

  • les progrès en matière de diffusion de l’information relative aux événements naturels dans le monde entier (et en particulier dans les pays en voie de développement) qui entraine une meilleure collecte des événements (des événements survenant aujourd’hui dans une région reculée d’Afrique n’aurait probablement pas été médiatisé dans les années 80 et l’est aujourd’hui).
  • la relative jeunesse des institutions qui se charge de répertorier systématiquement les événements qui fait que la reconstitution des événements antérieurs à leur création est souvent compliqués
  • la dynamique démographique mondiale : augmentation de la population mondiale, urbanisation exponentielle (or les villes sont, pour des raisons historiques et / ou pratiques localisées dans des zones exposées au risque inondation notamment), pression démographique dans les zones littorales (plus de la moitié de l’humanité vit à moins de 50 km des côtes, or les zones littorales sont par nature davantage exposées aux risques naturels d’origine atmosphérique tels que les tempêtes, ouragans, inondations côtières ou dans les zones d’estuaires).

Ainsi, si l’on ne considère que le facteur de l’augmentation de la population globale et que l’on calque celle-ci avec l’évolution du nombre annuel d’événements atmosphérique on constate que les deux courbes suivent la même pente avec qui plus est une forte corrélation (0,84). Lorsque l’on prend en compte les données de la BD CATNAT sur la période 2001-2015, le parallèlisme entre évolution démographique et nombre d’événement est encore plus flagrant avec une corrélation encore plus forte (0.88).

A l’instar de l’ensemble des catastrophes naturelles, l’augmentation de la fréquence des événements d’origine atmosphérique est surtout le fait de la multiplication des événements de petite intensité. En effet, si l’on ne considère que les événements les plus importants (ayant fait au moins 5 victimes ou plus de 10 blessées et / ou ayant causé des dommages matériels notables à une échelle au moins régional), on constate que l’augmentation du nombre d’événement est sensiblement moins forte (de l’ordre de 10 % entre 2001 et 2015). Mais cette évolution suit parfaitement la courbe de l’augmentation de la population mondiale (qui s’est accrue de 16,4 % durant la même période).

 

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Statistiques base BD CATNAT

Nombre d’événements recensés depuis 2001 (vu au 18/09/2019)
  • En France / DOM : 1.804
  • A l’étranger : 15.072
Nombre de victimes recensées depuis 2001 (vu au 18/09/2019)
  • En France / DOM : 28.831
  • A l’étranger : 1.305.995
Coût depuis 2001 en millions de $ (vu au 18/09/2019)
  • En France / DOM : 37.090
  • A l’étranger : 2.936.331
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