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Dernière mise à jour : le 03/06/2020 à 14:28

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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Le service changement climatique de Copernicus (C3S), chapeauté par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) pour le compte de la Commission européenne, a publié la semaine dernière son rapport annuel tant attendu, le European State of the Climate 2019. Le service européen fait le point sur les conditions climatiques, les évolutions, ainsi que les événements extrêmes constatés l’an dernier, et les compare aux tendances de ces dernières décennies. Ce bilan fournit un bon aperçu des futures perspectives, donnant la possibilité aux différents secteurs de s’adapter et d’accroître leurs performances, en particulier dans le cadre du pacte vert pour l’Europe.

2019 a été l’année la plus chaude de tous les temps en Europe, avec des températures au-dessus de la moyenne dans la plupart des régions du continent. D’ordinaire, on constate plutôt des températures anormalement chaudes et froides, mais l’an dernier, elles ont été uniformément chaudes, ce qui est pour le moins inhabituel. Mais les températures record qui font la une des journaux ne surprennent pas vraiment les scientifiques, car nous avons bien conscience du réchauffement climatique. On remarque une hausse de la fréquence de ces vagues de chaleur record, qui ne seraient pas aussi récurrentes si elles n’étaient dues qu’à la variabilité du climat. Force est de constater que nous avons battu des records de chaleur sur 11 des 12 dernières années. Il ne s’agit pas d'une anomalie statistique. C’est bien le résultat du réchauffement climatique.

Il ne s’agit pas d'un simple pic, nettement plus haut que ce que nous avons l’habitude de constater. Certes, 2019 a été plus chaude que toutes les autres années, mais le phénomène se rapproche de celui de 2014 et 2015. C’est comme un regroupement d’années chaudes, avec une température pratiquement 1,3 °C supérieure à celle des années 1970. Ce regroupement est très probablement la conséquence du réchauffement climatique. On peut donc en tirer la conclusion que le climat se réchauffe manifestement partout en Europe, favorisé par les émissions de gaz à effet de serre anthropiques.

À une hausse des températures. C’est ce que le modèle nous dit, de même que nos observations. Aux variations climatiques naturelles s’ajoute une tendance de fond. Une année froide peut toujours survenir, mais cette probabilité diminue de plus en plus en raison du réchauffement climatique. Nous ne savons pas exactement dans quelle mesure les années à venir seront plus chaudes, mais au final, elles devraient être plus chaudes que celles que nous avons déjà connues.

Si l’année passée a été la plus chaude que nous ayons enregistrée, elle a aussi été marquée par plusieurs vagues de chaleur : une en février, avec des températures supérieures à 20 °C dans certaines régions, puis celle de fin juin et juillet, avec des températures record relevées partout en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni. Ces événements extrêmes, qui se sont superposés à une saison chaude, vous donnent un petit aperçu des conséquences du réchauffement climatique. Bien sûr, cette analogie a ses limites.

Nous avons remarqué que les populations, mais aussi les équipements et les infrastructures, avaient souffert dans toute l’Europe. La dilatation thermique a eu des répercussions sur le trafic ferroviaire, provoquant l’immobilisation des trains au Royaume-Uni, en Allemagne, en France ou en Italie, à cause du gauchissement des voies. Les ponts, les centrales électriques, la production et la distribution d’électricité, ainsi que l’agriculture ont également été impactés. Le réchauffement climatique a des répercussions dans tous les secteurs. Il faut repenser ces infrastructures vitales en anticipation des changements climatiques.

Les pays qui ont connu un mois de novembre extrêmement pluvieux sont surtout les pays d’Europe occidentale, à savoir la France, le nord de l’Espagne, le nord de l’Italie et le Royaume-Uni, eux qui avaient déjà subi la sécheresse plus tôt dans l’année. Ce qui est sûr, c’est que cette année a été pour le moins contrastée, avec des épisodes de sécheresse, des inondations et des records de température. On ne peut pas parler de tendance pluvieuse à l’échelle de l’Europe, car il est difficile d’identifier un modèle clair. Mais il existe des différences d’une région à l’autre. Si on s’intéresse au sud de l’Europe, tout porte à croire que les épisodes de fortes précipitations vont se multiplier, alors même que le niveau global de pluviométrie annuelle devrait se rétracter dans ces régions.

Ce record historique en Europe illustre bien la tendance à la baisse de l’humidité des sols. Rien de surprenant. En effet, si le niveau de précipitations reste à peu près le même, alors que les températures ont tendance à grimper, l’évaporation s’accentuera elle aussi. Bien sûr, plusieurs facteurs peuvent influencer l’humidité des sols, selon la localisation. L’an dernier, nous avons déploré toute une série d’anomalies concernant l’humidité des terres, de l’ouest de l’Europe jusqu’à l’Allemagne, une région qui n’est habituellement pas concernée par la sécheresse.

Fonte des glaces record au Groenland, en 2019, doublée d’une faible extension de la banquise, mois après mois : quelles sont les causes ?

L’ampleur du phénomène au Groenland a surpris bon nombre de personnes, car les températures particulièrement élevées ont entraîné la fonte de l’intégralité de la calotte glaciaire. La fonte des glaciers en Arctique a globalement ralenti, et nous avons également relevé plus de glace que d’habitude autour de l’archipel du Svalbard pendant l’hiver. Ce constat ne remet pas en question le rétrécissement de la banquise que nous avons constaté jusque-là ; il est fort probable que nous enregistrions un nouveau recul record de la surface glaciaire ces prochaines années, en raison d’une rétroaction manifeste dans la région polaire, où la diminution des glaces contribue au réchauffement, entraînant à son tour la fonte de la banquise. Ce phénomène amplifie d’ores et déjà le réchauffement dans cette région.

Il a indéniablement des répercussions sur les conditions climatiques et les moyens de subsistance à l’échelle locale, même s'il génère aussi de nouvelles opportunités en Arctique. Il est probable qu’il aura un impact sur les conditions météorologiques dans d’autres régions. D’ailleurs, de plus en plus d’études établissent un lien étroit entre la couverture glaciaire en Arctique et le temps qu’il fait en Europe.

Les concentrations ont augmenté. On ne constate aucun recul, ce qui signifie que les facteurs à l’origine des gaz à effet de serre sont toujours là, contribuant inexorablement au réchauffement. Nous n’avons constaté aucun signe d’amélioration. Le rythme de la progression des concentrations en gaz à effet de serre l’an dernier est dans la lignée des récents records historiques.

L’Europe a gagné 2 °C en 2019 par rapport à l’ère préindustrielle, alors que la hausse des moyennes de température s’élève à 1,1 °C à l’échelle mondiale. Mais il y a deux bémols à apporter. Premièrement, les sols se réchauffent dans l’ensemble plus vite que les océans. Deuxièmement, nos analyses se concentrent sur les sols plutôt que sur les océans, incluant une grande partie de l’Arctique. Or, on sait que le réchauffement climatique est plus fort dans les régions polaires que dans les autres. Autant de facteurs qui pourraient contribuer au réchauffement plus important constaté en Europe.

Nous avons connu en 2019 un record d’ensoleillement. Pas seulement au sud de l’Europe, qui enregistre généralement plus d’heures d’ensoleillement, mais aussi au centre et au nord de l’Europe. Et c’est une tendance qui semble se confirmer : nous constatons véritablement une hausse des heures d’ensoleillement.

 

 

 

 

 

 

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