Veille changements climatiques
Dernière mise à jour : le 21/04/2019 à 10:37

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Les recherches sur le climat ont montré que le réchauffement général de la planète mène à une augmentation de la fréquence des conditions météorologiques extrêmes. Il est évident que les températures ont augmenté encore davantage que d’habitude. Mais à certains endroits, les températures chutent également, atteignant des niveaux inférieurs aux minimales historiques. De plus, on constate un plus grand nombre de tempêtes (en dépit de l’apparente réticence de certaines personnalités publiques à voir ces tendances comme liées au changement climatique).

Une nouvelle étude, qui suit des posts sur Twitter sur des thématiques météorologiques, a mis au jour que les gens avaient vite fait de juger normales des conditions météo inhabituelles.

« On est en train de vivre des conditions extrêmes, mais celles-ci ne paraissent pas particulièrement inhabituelles si l’on a tendance à oublier ce qui s’est passé il y a environ cinq ans », a déclaré Frances C. Moore, auteure principale de l’étude et professeure adjointe en sciences et politique environnementales à l’Université de Californie, Davis.

Ceci pourrait potentiellement ralentir l’acceptation du fait que le climat de la Terre est réellement en train de s’altérer, faisant ainsi obstacle à des solutions envisageables pour infléchir le changement climatique ou nous permettre de nous y adapter, expliquent Frances C. Moore et ses collaborateurs dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences du 25 février.« Le risque est que nous normalisions rapidement des conditions qu’il ne faut pas normaliser », poursuit-elle.

L’équipe a examiné plus de 2 milliards de tweets dans des fils Twitter postés par près de 13 millions d’utilisateurs entre mars 2014 et novembre 2016, en recherchant des mots liés à la météo, notamment snowmageddon (apocalypse neigeuse), scorching (temps torride) parmi 250 autres termes. Les données de géolocalisation des tweets ont fourni aux chercheurs des clés pour expliquer comment différentes températures conduisent les utilisateurs à poster sur leurs fils.

Cette étude a été rendue possible par plusieurs technologies. Grâce au développement de la puissance de calcul, les scientifiques ont pu modéliser le climat futur en se basant sur des siècles de données disparates. De meilleures analyses du big data nous ont permis de rechercher des termes spécifiques dans d’énormes bases de données et d’associer des mots au moment et à l’emplacement géographique auxquels ils ont été rédigés.

Au final, grâce aux progrès rapides de l’intelligence artificielle, les chercheurs ont pu associer des termes de recherche ou des commentaires aux intentions de leurs auteurs, au moyen d’une technologie baptisée « analyse de sentiments. » Cette dernière reconnaît les émotions humaines dans les données, en particulier dans les données textuelles. Cette capacité en fait un outil précieux permettant aux entreprises de faire des recherches concernant le ressenti des individus sur des produits, des concurrents ou des tendances de marché.

Ceci aide par ailleurs les scientifiques en sciences sociales à rechercher comment les gens réagissent à la météo, en se basant sur les mots qu’ils choisissent dans leurs tweets, et à générer des tendances en matière de sentiments sous-jacents à l’égard du climat dans le temps et l’espace.

Des températures inhabituelles tendent en effet à provoquer des conversations sur les réseaux sociaux, au moins au début. Mais sur une période de plusieurs années, si ces mêmes températures, au départ jugées inhabituelles, continuent de se faire connaître, les gens en parlent moins sur Twitter. Frances C. Moore et ses collaborateurs ont calculé que les conditions météo des deux à huit dernières années représentaient ce que nous autres, êtres humains, considérions comme normal.

En outre, l’étude s’est servie de l’analyse de sentiments pour révéler que des températures plus froides ou plus chaudes qu’à l’accoutumée suscitaient des sentiments négatifs. « Nous avons observé que des températures extrêmes rendaient les gens maussades, même s’ils cessaient d’en parler, a commenté Frances C. Moore. Les gens semblent s’habituer aux changements qu’ils préféreraient pouvoir éviter. »

C’est pourquoi, selon elle, la normalisation s’apparente à « l’effet de la grenouille ébouillantée ». L’analogie d’une grenouille placée dans un récipient d’eau que l’on chauffe progressivement est une métaphore courante — bien que les auteurs fassent remarquer qu’elle est fictive puisque non strictement ancrée dans la réalité — qui permet de comprendre la relation de l’humanité avec le changement climatique. Le réchauffement progressif de l’eau peut être inconfortable pour la grenouille, mais celle-ci s’y habitue, contrairement à une grenouille qui est plongée subitement dans un récipient d’eau bouillante. La grenouille ne peut s’adapter à des températures proches de l’ébullition et de ce fait, elle finit ébouillantée.

Selon les auteurs, à mesure que les hommes s’acclimatent aux phénomènes climatiques altérés par un climat en évolution, ils peuvent être réticents à trouver des moyens de lutter contre cet enjeu ou même à considérer ce dernier comme un problème, car leur cadre de référence est basé sur un ensemble de souvenirs ne remontant qu’à quelques années. Et ceci transparaît dans leurs fils Twitter, qui se font plus silencieux.

« Mais ce n’est pas parce qu’ils n’en parlent pas, a ajouté Frances C. Moore, qu’ils ne se sentent pas mal à l’aise pour autant. »

Source : PNAS

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