Veille changements climatiques
Dernière mise à jour : le 17/10/2019 à 20:13

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Les températures mondiales n’ont jamais augmenté aussi rapidement qu’aujourd’hui, démontrent deux nouvelles études, qui soulignent le caractère global du phénomène.

Alors qu’une bonne partie de l’Europe subit son deuxième épisode de fortes chaleurs en un mois, deux études distinctes analysent 2.000 ans de tendances de l’histoire climatique récente de notre planète. Les chercheurs ont utilisé des données de température compilées à partir de près de 700 indicateurs: des anneaux d’arbres, des carottes de glace, des sédiments lacustres et des coraux ainsi que des thermomètres modernes...

Les chercheurs ont utilisé des données de température compilées à partir de près de 700 indicateurs : des anneaux d’arbres, des carottes de glace, des sédiments lacustres et des coraux ainsi que des thermomètres modernes. La première étude, publiée dans la revue Nature, met, par exemple, en évidence que lors du "petit âge glaciaire" (de 1300 à 1850) s’il a fait extraordinairement froid en Europe et aux Etats-Unis pendant plusieurs siècles, il n’a pas fait froid partout sur la planète.

"Lorsque nous retournons dans le passé, nous trouvons des phénomènes régionaux, mais aucun n’est mondial", explique Nathan Steiger de l’Université Columbia à New-York. "Alors qu’actuellement, le réchauffement est global. 98% du globe s’est réchauffé après la révolution industrielle", ajoute-t-il.

Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas de températures. Mais, à l’exception d’un coup de froid fin 19ème (causé par une série d’éruptions volcaniques stratosphériques, voir plus bas), aucune période ne montre de tendances chaude ou froide simultanées sur l’ensemble de la planète. Cette affirmation repose sur une reconstitution minutieuse des températures à l’aide de milliers d’enregistrements paléoclimatiques – l’étude compile l’essentiel des connaissances disponibles sur le sujet – et de modélisations. La convergence entre les enregistrements paléoclimatiques et les simulations numériques du climat sur ordinateur démontre que les modèles représentent bien les facteurs de variations du climat (Soleil, circulation océanique, effet des éruptions volcaniques avant 1950, intensification de l’effet de serre par nos émissions ensuite).

L’ampleur, la rapidité et surtout l’ubiquité sur toute la planète du réchauffement actuel n’a absolument aucun équivalent. C’est logique, car les variations climatiques passées ne procédaient pas d’un phénomène agissant dans toute l’atmosphère comme c’est le cas avec nos émissions de gaz à effet de serre qui se répandent partout. 

Il n’y a pas eu d’Optimum Médieval. Bon, soyons honnêtes, on le savait depuis l’étude de 2009. Mais cette nouvelle étude le confirme, les températures plus chaudes relevées en Europe occidentale ne correspondent pas à une phase chaude sur l’ensemble du globe, en particulier sur les océans. D’où la disparition de l’expression dans le vocabulaire des palécoclimatologues qui parlent depuis 2009 de Medieval climate anomaly.

Les phases froides post-1800 sont pour beaucoup dues aux éruptions volcaniques. C’est une autre étude qui explore le sujet. Dans les trente premières années du 19ème siècle, de gigantesques éruptions volcaniques vont refroidir sensiblement la planète. L’une des plus connues est celle du Tambora en 1815. Elles ont eu des effets planétaires. Certains très esthétiques, comme ces couchers de soleils rougeâtres dues aux particules en suspension dans la haute atmosphère et qui ont conduits les peintres de l’époque à multiplier des tableaux représentant ce phénomène. Mais ce fut surtout dur pour les pauvres. Moussons bousculées, températures estivales insuffisantes en Europe pour les cultures, sécheresses en Afrique, modifications des circulations atmosphériques déplaçant les pluies au détriment des agricultures dans plusieurs régions du globe. L’une des conséquences en fut l’avancée des glaciers de montagne dans de nombreux massifs, notamment dans les Alpes.

En outre, une oscillation multidécennale de l’Atlantique a accentué certains phénomènes comme l’affaiblissement des moussons africaines et indienne entre 1830 et 1860. Et il faut y ajouter le facteur Soleil : le « minimum de Dalton » de 1790 à 1830 a contribué à un refroidissement général.

 Le « Petit âge de glace » n’était pas simultané partout sur la planète. Un troisième article montre que les périodes les plus froides de la période post an 1000 surviennent à des époques différentes selon les régions. Ainsi, c’est au 15ème siècle que le centre et l’est de l’Océan Pacifique est le plus froid. Mais au 17ème siècle que le froid se fait le plus sentir au nord-ouest de l’Europe et au sud-est de l’Amérique du Nord et durant le milieu du 19ème siècle dans la plupart des autres régions du globe. Plus encore, les climatologues affirment que le manque de cohérence planétaire des évolutions de température indique qu’aucun facteur climatique n’était capable de produire un signal planétaire synchrone de températures extrêmes à l’échelle de plusieurs décennies… jusqu’à notre intervention dans le système, puisque nos émissions de gaz à effet de serre produisent un tel signal – un réchauffement mesurable sur plus de 98% de la planète. Un réchauffement dont l’étendue spatiale et la durée est sans précédent depuis 2000 ans (au moins).

 

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