Veille changements climatiques
Dernière mise à jour : le 03/12/2021 à 11:08

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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 Le froid glacial de l’hiver arctique étouffe généralement les feux de forêt qui se déclarent durant l’été dans cette région polaire. Mais désormais, certains refusent de mourir. Ces « incendies zombies », comme les scientifiques les surnomment car ils couvent sous la neige pendant tout l’hiver, même lorsque la température tombe à − 40 °C. Ils repartent en surface au printemps suivant, lorsque le temps est de nouveau chaud et sec. Selon une étude publiée mercredi 19 mai dans Nature, le réchauffement climatique favorise ce surprenant phénomène dans les forêts boréales, menaçant le climat et la lutte contre les incendies.

Ces feux souterrains hivernaux sont connus depuis quelques années par les scientifiques et les gardes forestiers, mais ils n’étaient jusqu’à présent recensés que de manière anecdotique. Cette fois, les chercheurs ont combiné des données de terrain avec des images satellites, pour répertorier de manière systématique les « incendies zombies » survenus entre 2002 et 2018 en Alaska (Etats-Unis) et dans les Territoires du Nord-Ouest (Canada). Ils ont mis au point un algorithme permettant de les distinguer des nouveaux départs de feux dus à la foudre ou aux activités humaines.

Si les incendies hivernaux sont invisibles pour les satellites lorsqu’ils couvent sous terre, l’emplacement et le moment de leur réapparition peuvent les trahir. « Nous nous sommes aperçus que de nouveaux départs de feux se produisent au printemps, à l’intérieur ou à la lisière d’anciennes cicatrices d’incendies », explique Sander Veraverbeke, professeur associé en sciences de la Terre à l’université d’Amsterdam et coauteur de l’étude. En analysant la vitesse à laquelle ils reviennent après la fonte des neiges et la distance qu’ils ont parcourue sous la terre, les chercheurs ont pu les identifier comme des « incendies zombies ».

Il en ressort que des températures extrêmes l'été et une saison intense d'incendies permet à certains feux de pénétrer dans le sol des tourbières riche en carbone, qui les alimente pendant l'hiver.

"Quand les gens pensent aux feux de forêts, ils pensent à des arbres qui brûlent", souligne Sander Veraverbeke, de l'université libre d'Amsterdam et co-auteur de l'étude. "Mais dans ces zones du grand Nord, dans les forêts boréales, environ 90% du carbone émis vient du sol." La neige joue aussi un rôle d'isolant, poursuit-il.

Selon cette étude, ces feux "zombies" restent relativement rares et ont contribué à 0,8% des zones brûlées entre 2002 et 2018. Mais cela varie fortement en fonction des températures estivales, avec un chiffre qui a grimpé à 38% des zones brûlées une année.

Cela suggère que le phénomène pourrait s'aggraver avec le réchauffement climatique, selon les chercheurs. Les températures augmentent plus vite dans les régions polaires que dans d'autres zones du globe. L'Arctique dans son ensemble a connu sa deuxième année la plus chaude jamais mesurée en 2020, à 2,2° au-dessus de la moyenne 1981-2020.

 

 

 

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