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Dernière mise à jour : le 24/01/2022 à 17:32

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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 Le 12 janvier 2010 à 16h53, plus de 250 000 personnes perdaient la vie dans un séisme de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter en Haïti. Il n’aura suffit que de 35 secondes. Seules quelques seconde pour que le tremblement de terre ravage tout un pays, faisant plus de 250 000 morts, 300 000 blessés et laisse plus 1,5 million de Haïtiens sans abri. Le séisme d’une force incommensurable a marqué les esprits. La région de Port-au-Prince a entièrement été ravagé et la ville côtière de Jacmel, dans le département du Sud-Ouest, a durement été frappé.

Au douzième anniversaire de la catastrophe mortelle, la population déplore l’absence d’une réelle politique de reconstruction du pays. Aujourd'hui, peu de structures ont été reconstruites. Certains bâtiments de l'Etat détruits, par le séisme, tels que le palais national et certains ministères n’ont toujours pas été réédifiés. L’impact du séisme du 12 janvier est toujours présent et laisse ses habitants avec un souvenir douloureux. Plus de 50 000 personnes vivraient encore dans des camps de fortune et plus de 50 000 dans la misère.

12 ans depuis qu’Haïti a été frappé par un séisme dévastateur qui a mis à nu la vulnérabilité du pays. À l’occasion de la commémoration de cette date, la question se pose encore et les réponses se font attendre. Haïti reste vulnérable face aux risques sismiques. « En termes de politique, il n’y a pas eu de politique publique pendant 12 ans devant permettre la construction de la sécurité sismique en Haïti. Il y a eu une feuille de route qui a été signée en 2013, les différentes institutions concernées par cette problématique en font partie. Il n’y a pas eu de plan d’ensemble pour en tirer un plan national de réduction des risques sismiques dans le pays. Ceci n’a jamais été fait. Chacun, de son côté, a essayé de faire ce qu’il pouvait », a expliqué le géologue Claude Prépetit.

Sans vouloir faire un bilan global des activités qui ont été menées pour réduire les risques sismiques en Haïti, M. Prépetit a souligné les actions conduites en ce sens par le Bureau des mines et de l’énergie (BME). « Nous, au niveau du Bureau des mines, avons placé le réseau de surveillance sismique ; nous avons participé à l’étude de microzonage sismique de concert avec le Laboratoire national. Nous avons participé à l’étude cartographique des nouvelles failles avec le PNUD. Des failles inconnues ont été enregistrées grâce à la cartographie. Nous avons essayé d'offrir notre contribution », a-t-il confié, rappelant la permanence de l’anarchie de la construction en Haïti.

Les acquis accumulés cinq ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont presque perdus. « Les documents d’études sont restés dans les tiroirs ; les stations sismiques réparties sur l’ensemble du territoire sont difficiles d’accès. On vole les panneaux solaires qui y ont été installés. Ils commencent à s'user alors que l’on n’a pas de budget », a expliqué le directeur du Bureau des mines et de l’énergie. Claude Prépetit plaide pour la mise en place d’un plan national qui tienne compte de toutes les zones à risque qui ont été identifiées durant les cinq ans qui ont suivi le séisme du 12 janvier afin de mettre en place un programme pour réduire la vulnérabilité de la population haïtienne face aux risques sismiques.

« Haïti est un pays failleux, traversé par des failles très longues. Les failles enregistrées ne sont pas toutes susceptibles de produire un tremblement de terre. C’est pour cela qu’il faut faire des études pour déterminer les failles actives. Les failles du pays ne sont pas toutes connues. Au fur et à mesure que des dispositions seront adoptées, d’autres failles ainsi que d’autres sources sismiques seront recensées. Cela affinera notre connaissance sur les failles d’Haïti et sur la sismicité locale. Au cours de ces dernières années de cartographie on a mis en évidence des failles secondaires qui sont en dehors des failles majeures », a rappelé M. Prépetit.

La faille des Matheux, autrement appelée faille Pétion-Ville/Tiburon, rencontre la faille de la presqu'île du Sud. « Cette faille n’est pas aussi active que celle de la presqu'île du Sud, mais en reste une. Des secousses enregistrées aux Gonaïves ou dans la baie de Port-au-Prince sont responsables de ce système de failles », a expliqué M. Prépetit, qui rappelle que les failles situées en mer sont plus difficiles à détecter. Il juge malheureux qu’il y ait moins de financement consacré à la sismicité en Haïti pour en assurer la prévention.

Une cartographie multirisque du département du Nord-Ouest a révélé des failles autour de la presqu'île du Nord-Ouest. Certaines zones ont des potentiels sismiques assez élevés. « Les degrés d’activité de ces failles sont méconnus, ainsi que la quantité d’énergie accumulée, a avancé le géologue Prépetit, soulignant que l’enregistrement des secousses tout au long de l’année permettra de repérer le positionnement de l’épicentre pour savoir si ces failles sont en activité. »

Le Nord-Ouest reste le département le plus secoué ces dernières années, selon les enregistrements. « Les failles nord d'Hispaniola et septentrionale sont situées en mer. Nous constatons que pour l’année 2020, le département du Nord-Ouest a été secoué sérieusement. Le Nord-Ouest est en première ligne, ensuite vient le Sud-Est et en troisième position on compte le département de l’Ouest. Au cas où il y aurait un tremblement de terre dans le Nord, ce serait probablement au Nord-Ouest. Mais un tremblement de terre pareil à ce qui s’est produit le 7 mai 1842 à une magnitude 8 sur l’échelle de Richter toucherait tout le grand Nord », a prévu le numéro un du BME. Le Nord, « Malè pandye a toujou la », prévient encore une fois M. Prépetit. 

 

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