Veille gestion globale des risques naturels
Dernière mise à jour : le 22/05/2019 à 07:00

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

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b_300_200_16777215_00_images_stories_images_gestion_risque_entreprise_16052019.JPGLes changements climatiques, l'urbanisation et la croissance démographique sont autant de facteurs d'augmentation de l'exposition et de fréquence des risques naturels. Alors que de nombreuses mesures de prévention existent, le risque « catnat » est encore insuffisamment pris en compte par les responsables d'entreprise.

Les changements climatiques, 'urbanisation et la croissance démographique sont autant de facteurs d'augmentation de l'exposition et de fréquence des risques naturels. Alors que de nombreuses mesures de prévention existent, le risque « catnat » est encore insuffisamment pris en compte par les responsables d'entreprise.

De manière générale, en matière de perception des risques, l'image et la réalité diffèrent souvent. Les catastrophes naturelles sont un bon exemple de ce décalage dans les entreprises. L'image ? Beaucoup d'entreprises ont l'impression de ne pas être concernés : le risque est chez les autres et elles ne ressentent pas de danger potentiel immédiat. Par exemple, le risque d'une crue centennale est perçu par la plupart des directeurs financiers comme extrêmement faible, à hauteur de 1 % chaque année. La réalité ? Elle est tout autre : les catastrophes naturelles représentent entre un quart et un tiers de la sinistralité enregistrée par un assureur comme FM Global, spécialiste en la matière. Le risque incendie est assez fortement ressenti, alors qu'on ne sait pas si un feu va se déclarer un jour. En revanche, dans une zone touchée par les catastrophes naturelles - ouragan, tremblement de terre, inondation, etc. - on sait avec certitude que l'événement arrivera un jour. La question est de savoir quand. Le raisonnement ne doit pas être fait en termes de risque annuel - 1 % pour une crue centennale par exemple -, mais en termes de probabilité, ce qui porte le risque à 63 % sur un siècle. Ainsi, une usine - dont la durée de vie est estimée à trente ans - a 26 % de risques d'être touchée, ce qui est considérable !.

Les conséquences financières peuvent alors être majeures. Dans un livre blanc publié mardi 14 mai, « Master the Disaster : Why CFOs Must Initiate Natural Catastrophe Preparedness in 2019 and Beyond », l'assureur FM Global s'est penché sur le coût des dommages matériels et des pertes d'exploitation suite à la vague des grands ouragans (Harvey, Irma et Maria) de 2017. L'analyse des rapports financiers d'une centaine de sociétés cotées américaines met en lumière des pertes allant de « quelques millions à plusieurs centaines de millions de dollars ».

Les exemples sont éloquents, tous secteurs confondus. L'assureur cite « une compagnie électrique du Sud-Est des Etats-Unis » qui aurait supporté une facture de 333 millions de dollars, mais aussi une banque dont les pertes auraient dépassé les 50 millions de dollars. Dans une société spécialisée dans les technologies de l'information, le coût aurait approché les 100 millions de dollars, tandis qu'un conglomérat américain dont le siège est situé à New-York, également touché par les incendies californiens, a affiché des pertes de 256 millions de dollars. Même les entreprises de taille plus modeste ont été fortement affectées, avec dans 35 % des cas, des pertes supérieures à 25.000 dollars selon la FEMA (Federal Emergency Management Agency).

De fait, constat avait été fait, juste après les ouragans, que les entreprises américaines étaient insuffisamment préparées . Or, ce sont les directeurs financiers qui tiennent les cordons de la bourse. Ce sont aussi eux qui sont en première ligne et doivent répondre aux actionnaires de l'entreprise si cette dernière est confrontée à un événement de type catastrophe naturelle. Si les directeurs financiers réalisaient systématiquement une analyse coût-avantage des mesures de préparation aux catastrophes naturelles, ils se rendraient compte que les capitaux investis dans la prévention des sinistres affichent une forte rentabilité à long terme .

D'autres études montre que chaque dollar investi aux Etats-Unis pour se préparer à un éventuel ouragan permet d'éviter 105 dollars de pertes dommages et d'exploitation. Malheureusement, il n'y a pas d'étude comparable en France, mais il est probable que nous soyons dans le même ordre de grandeur en France en matière d'inondation, de tempête ou même de séismes (dans certaines régions telle que le Sud-Est ou aux Antilles).

Le risque de catastrophes naturelle à le mérite d'être très identifiable car on peut en connaître précisément les zones exposées. Il faut donc faire de la prévention. "Chaque cas est différent, mais on peut déjà faire beaucoup avec des moyens relativement simples et assez peu coûteuses" précise Yorik BAUNAY, directeur du cabinet Ubyrisk Consultants, structures spécialisée dans l'étude et la gestion des risques naturels auprès des entreprises multisites. Cela passe notamment par deux grandes étapes :

  • Connaitre les risques : la connaissance des expositions précises des entreprises (et de tous leurs sites) à tous les aléas est fondamentale. Ce la passe par une analyse d'exposition à l'ensemble des aléas (inondations, séismes, tempêtes, cyclones, orages, grêle... ) en y intégrant également des éléments prospectifs sur leur évolution attendues liée aux changements climatiques envisagés. Cette première étape permet d'établir une "notation" de l'exposition à chaque risque. Cette notation peut être réalisée pour chaque site, pour chaque pays où des sites sont localisée et peut être également appliquée à l'échelle de l'entreprise. "L'idée est de disposer d'un tableau de bord fin et complet de l'exposition aux risque naturels, ce qui permet dès lors d'identifier précisément les risques les plus prégnants, les sites les plus exposés... et ainsi de prioriser les mesures de protection / prévention" indique Yorik BAUNAY
  • Gérer les risques : l'identification préalable des niveaux d'exposition aux différents risques rend possible la mise en place de mesures de gestion de gestion des risques (adaptées en fonction des spécificités des activités des entreprises) : mesures de prévention (système d'alerte, procédures de gestion de crise, formation des personnels...), mesures de protections physique visant à réduire la vulnérabilité, mesures gestion post-événement (procédure de retour à la normale post-événementielles, procédures de retour d'expérience...) 

"Bien évidemment toutes ces mesures, pour être efficaces, doivent être pérénnisées dans le temps et intégrées dans l'organisation même de l'entreprise. Par exemple, il apparaît absolument nécessaire de mettre à jour régulièrement l'exposition du périmètre afin de tenir compte des nouveaux sites ou de la suppression de certains autres. De même, en matière de gestion des risques, l'évaluation de l'efficacité des mesures mises en place lorsqu'un événement c'est produit est tout à fait obligatoire" complète Yorik BAUNAY.

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Coût depuis 2001 en millions de $ (vu au 20/05/2019)
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