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La prévision saisonnière consiste à prévoir la moyenne des paramètres météorologiques (température, précipitations) pour une échéance allant jusqu'à 6 mois, à l'échelle global. Il ne s'agit pas de prévisions classiques (limitées à 7 jours) décrivant dans le détail des situations météorologiques : le type de temps, la température minimale et maximale et la force et la direction du vent.

La prévision saisonnière exprime le scénario le plus probable parmi trois scénarios prédéfinis: proche, en dessous ou au-dessus de la moyenne. Ce qui donne pour la température « chaud », « normal » ou «froid », et pour les précipitations, « humide », « normal » ou « sec ». On cherchera par exemple à déterminer si l'été prochain sera en moyenne chaud et sec ou froid et humide en Europe de l'Ouest.

Pour effectuer ces tendances on utilise comme pour les prévisions classiques des modèles (simulations informatiques) planétaires. Mais, ceux-ci reproduisent en plus le comportement d'autres milieux en forte interaction avec l'atmosphère, comme l'océan. La structure océanique varie beaucoup moins vite que celle de l'atmosphère. La part de prévisibilité atmosphérique à échelle saisonnière provient justement de ce qu'on retrouve dans l'atmosphère une part de la variation lente océanique. On peut retrouver alors dans l'atmosphère des conditions qui vont privilégier par exemple un passage très au nord des perturbations atlantiques, ou qui vont modifier radicalement les zones soumises à de fortes pluies dans les tropiques, ou encore qui vont générer de fortes chaleurs et sécheresses.

Les performances des prévisions saisonnières sont très variables selon le lieu, la saison et le paramètre météorologique concerné. Elles sont meilleures pour la température que pour les précipitations, et pour la température, meilleures en hiver qu'en été. Elles sont très informatives dans la ceinture inter-tropicale, sur le pourtour du Pacifique. En revanche, la prévisibilité de la température en Europe de l'Ouest sans être nulle, reste faible. Ceci est dû aux caractéristiques de la circulation générale de l'atmosphère au-dessus de l'océan atlantique aux latitudes tempérées. Ces prévisions sont donc à manier avec prudence.

 

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Le trimestre prochain devrait être plus chaud que la normale sur toute l'Europe, et particulièrement sur le nord-est du continent. Des précipitations excédentaires sur le nord du continent et plus rares que la normale sur les régions méditerranéennes sont privilégiées.

La plupart de modèles de prévision saisonnière prévoient la poursuite pour le trimestre à venir d'un temps très doux d'influence océanique. Ils proposent, d'une part, une extension de l'anticyclone des Açores sur le sud-ouest de l'Europe et, d'autre part, des pressions plus basses aux latitudes élevées. Ainsi, sur le nord de l'Europe, dans une circulation atmosphérique d'ouest renforcée, le temps devrait être plus perturbé que la normale.


 Températures

La forte influence océanique est globalement synonyme de douceur. La probabilité d'un trimestre plus chaud que la normale est très forte sur le nord-est de l'Europe.

 

 

Les précipitations en Europe au cours de 3 prochains mois

Les fortes pressions moyennes prévues sur l'Europe occidentale devraient diminuer la fréquence des épisodes perturbés sur les régions méditerranéennes où la probabilité d'un trimestre plus sec que la normale est renforcée. À l'inverse, sur le nord du continent, les perturbations devraient être plus fréquentes et la probabilité de conditions plus humides que la normale y est également augmentée. Entre ces deux zones, incluant la France hors pourtour méditerranéen, aucun scénario n'est privilégié pour les précipitations. Les deux influences devraient se faire sentir.

 

    

Les tendances météorologiques détaillées pour les 6 prochains mois en Europe (source : Fredéric DECKER - La Météo.org)   

 

  • Avril 2020 : une vaste zone de basses pressions devrait couvrir une large partie continentale de l'Europe, apportant des conditions nuageuses et humides sur une grande partie du continent, et de la douceur de la Grèce à l'Ukraine jusqu'à l'ouest de la Russie. En revanche, une zone de fraîcheur humide s'étalerait de l'Autriche à l'est de la France avec beaucoup de neige en montagne. Les conditions anticycloniques devraient se retrouver vers la péninsule Ibérique et les pays d'Afrique du Nord y apportant un temps sec et doux. Un temps de saison un peu frais devrait concerner les îles Britanniques, la Scandinavie et l'Islande.

  •  Mai 2020 : les conditions anticycloniques devraient rester en retrait sur l’océan et sur le Turquie, laissant des conditions météo souvent assez humides sur l’Europe. Un temps souvent dépressionnaire l’emporterait des îles Britanniques à la Scandinavie jusqu’au nord-ouest de la Russie où nuages et pluie prendraient l’avantage une bonne partie du mois, avec des températures faiblardes en sus de la Norvège et de l’Islande à l’Ecosse jusqu’à l’Irlande. Au milieu de ces différentes influences, une tendance humide et orageuse est attendue de la France à l’Italie jusqu’au nord de l’Afrique.

  • Juin 2020 : les hautes pressions devraient recouvrir une large zone allant de la péninsule ibérique jusqu’à la Mer Caspienne tandis qu’un minimum dépressionnaire récurrent concernerait une zone allant de la Tunisie au sud de l’Italie jusqu’en Grèce et à l’ouest de la Turquie y apportant de l'instabilité. Un système dépressionnaire centré sur la Mer du Nord devrait apporter un temps humide et pluvieux des îles Britanniques à la Scandinavie. Côté températures, un excédent thermique en envisagé sur les bords de la Méditerranée et des Balkans à la Mer Baltique. Peu de déficit en dehors du nord de la Russie et du nord de l’océan Atlantique.
 
  • Juillet 2020 : l’anticyclone des Açores devrait se situer chez lui, loin de sa position habituelle à cette période de l’année, laissant des basses pressions s’installer entre l’Islande et l’Ecosse. En conséquence, un temps frais et humide devrait s’imposer des îles Britanniques au nord de la France jusqu’au Danemark et à la Norvège. Des hautes pressions s’imposeraient en revanche de la Méditerranée à l’est de l’Europe, y apportant un temps sec, chaud et ensoleillé. Une tendance orageuse assez marquée concernerait les pays depuis l’Autriche à la Finlande sous des températures plus contrastées.

 

  • Août 2020 : une zone de hautes pressions devrait largement s’imposer entre la Méditerranée occidentale et le sud de l’Allemagne, apportant un temps sec et chaud de l’Afrique du Nord à l’Angleterre et au Benelux en dehors de quelques salves orageuses potentiellement fortes. De l’est de l’Espagne au sud de la France jusqu’en Italie, les vagues de chaleur pourraient être notables. Les dépressions circuleraient plutôt entre l’Islande, le nord de la Russie et la mer Caspienne, apportant des pluies et orages. Une poche de fraicheur devrait intéresser le nord-ouest russe et la moitié est de la Scandinavie. 

  • Septembre 2020 : une vaste zone anticylonique devrait s'étendre de la France s’étalant au sud de la Scandinavie, protégeant une large partie ouest de l’Europe, un peu moins les îles Britanniques où quelques perturbations parviendraient à circuler. Des basses pressions relatives concerneraient les régions au nord de la mer Noire, apportant quelques pluies des Balkans à la Russie. Côté thermomètre, la douceur devrait intéresser le Maroc, la péninsule Ibérique, mais aussi l’Islande. Au contraire, une relative fraîcheur concernerait le nord de la Scandinavie et une large moitié est de la Méditerranée jusqu’aux Balkans.

 

Les tendances météorologiques pour le semestre à venir en Europe par Frédéric Decker (Lameteo.org)
 

 

Prévisions pour les prochains mois ailleurs dans le monde 

Dernières projections d'ensemble (moyenne de 8 modèles) concernant les anomalies de températures à prévoir pour les 7 prochains mois à l'échelle du globe. Calcul basé sur 8 modèles développés par la NOAA.

 

 

 Dernières prévision concernant les anomalies de précipitations jusqu'au mois d'avril 2020