+ En bref
Dernière mise à jour : le 03/12/2021 à 11:08

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

Partager via...

Vers 5 h 15 du matin, par un ciel dégagé, un formidable flash lumineux aveugle une partie de la Bretagne, suivi de peu d'une détonation assourdissante. Le flash lumineux a été enregistré à Nantes, Rennes et jusqu'à Cherbourg

Très vite les spéculations fleurissent sur la Toile : pour les uns un avion s'est écrasé, quand d'autres croient à des tirs d'exercice militaire. Certains, réveillés en sursaut, cherchent en vain des nuages orageux dans le ciel. Les plus téméraires croient déjà à l'invasion extra-terrestre ou à des essais militaires secrets. Le standard des sapeurs-pompiers croule sous les appels de Bretons inquiets.

Météo-France écarte la piste climatique exceptionnelle et l'aviation civile et militaire nie toute implication. Enfin, le planétarium de l'Espace des sciences de Rennes propose l'hypothèse la plus réaliste : un météore pénétrant l'atmosphère terrestre serait à la source de l'émoi breton.

Rapidement, l'équipe scientifique de l'observatoire astronomique de l'Espace des sciences de Rennes voit affluer les témoignages de mordus de l'observation des astres.

"Nous avons procédé par élimination pour déterminer l'hypothèse la plus réaliste. La détonation s'est produite du haut vers le bas, ce qui semble indiquer que l'objet arrivait de l'extérieur de l'atmosphère terrestre. Cela écarte d'emblée la thèse d'un crash d'avion ou d'un tir de missile", explique Priscilla Abraham, responsable du planétarium.

Il faut un corps d'au moins 10 centimètres et plus de 100g pour donner lieu à ce type de manifestation, appelée bolide. Ce n'est donc pas un déchet spatial, puisque tous les débris de cette taille sont soigneusement tracés. Une météorite est beaucoup plus plausible.

Lorsqu'une météorite entre dans l'atmosphère, sa vitesse est déjà bien supérieure à celle du son. Elle décélère alors rapidement et peut repasser sous la vitesse du son, provoquant une onde de choc. Pour Jérémie Vaubaillon, spécialiste des météorites à l'Institut de mécanique céleste et des calculs des éphémérides (IMCCE), il est toutefois rare que la déflagration associée soit aussi puissante.

Le flash lumineux a précédé la forte détonation. Ce décalage d'environ 3 minutes entre le flash et laisse penser que l'explosion s'est produite à une cinquantaine de kilomètres d'altitude et à une vitesse d'environ 250 000 km/h. Le recoupement des différentes observations indique un angle de chute qui devrait donner prochainement une idée du point d'impact du bolide. Sa taille reste un mystère, mais les spécialistes cherchent actuellement une prise vidéo de l'événement. Cependant, il est fort peu probable qu'un vestige soit retrouvé car la pénétration de l'atmosphère pulvérise la grande majorité des corps célestes qui y pénètrent.

À raison d'une vingtaine d'impacts de grosses météorites par an sur Terre, il n'est pas rare dans l'histoire humaine de trouver trace d'épisodes similaires, toujours marqués par une grande perplexité des témoins. "Il ne faut pas oublier que la pierre abritée par la Kaaba de la Mecque en Arabie saoudite est le fragment d'une très grosse météorite", précise François Robert, spécialiste des météorites au Muséum d'histoire naturelle de Paris.

En France, un phénomène similaire et bien documenté s'est produit en Alsace à Ensisheim en 1492. Une pierre noire de 127 kg retrouvée alors au fond d'un cratère de 2 mètres de profondeur figure aujourd'hui au musée du village, transformé en haut lieu de rencontre des chasseurs de météorite du monde entier.

 

Source : Ouest France, AFP

Grâce à nos outils et solutions de veille par email ou flux RSS, définissez vos critères et obtenez votre revue de presse permanente personnalisée

----------------------------- 

Catnatmaps

Découvrez CATNATLAS notre système d'information géographique en ligne dédié aux risques naturels en France et dans le Monde

Newsletter CATNAT Info

Recevez GRATUITEMENT tous les samedis les articles publiés durant la semaine écoulée grâce à notre lettre d'information "CATNAT Info"