+ En bref
Dernière mise à jour : le 17/09/2021 à 17:28

Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

Partager via...

A 2.200 mètres d'altitude, dans un paysage lunaire de dents de glace grisâtres et acérées, a surgi sur le glacier est du Mont Rose une immense étendue d'eau, d'un vert laiteux, qui menace aujourd'hui le village de Macugnaga situé au-dessous. Tandis que les pales de l'hélicoptère qui les a déposés tournent avec fracas, des journalistes ont été guidés dimanche vers ce lac surnommé "le lac éphémère", né de la fonte accélérée du glacier.

Du haut du Mont Rose (4.634 mètres), les neiges et les séracs dévalent depuis des millénaires vers le site de Macugnaga, niché au fond d'un cirque. Mais, explique le maire du village, Mario Teresio Valsesia, le réchauffement climatique de ces dernières années a provoqué une avancée accélérée du glacier et un affaissement dans lequel une récente canicule a provoqué la formation du lac. Il s'étend sur 16 hectares et contient environ 3,3 millions de mètres cubes d'eau.

En aval, le glacier se poursuit en pente douce, recouvert de rochers qui s'éboulent continuellement. Il est entouré de deux moraines latérales dont l'une située à l'ouest, plus fine, est étroitement surveillée par les experts qui craignent qu'elle ne cède sous la pression de l'eau.Le lac, apparu en juin, menaçait il y a quelques jours de déborder, mais un rafraîchissement des températures a opportunément limité la fonte de la glace et réduit le niveau de l'eau, qui continue par ailleurs de s'écouler dans le glacier.Au bord du lac, une trentaine d'hommes s'affairaient dimanche après-midi. Sur l'eau, un câble, permettant de transporter du matériel sur une barge d'un bord à l'autre, sert de repère aux plongeurs. Ils surveillent les profondeurs de l'eau et interviennent si du matériel ou des personnes tombent à l'eau.

Une pompe, plongée dans l'eau et accolée au glacier et reliée à quatre tuyaux souples destinés à évacuer l'eau dans un torrent, a été mise en route dimanche soir à 19H00. Huit autres pompes doivent être installées au début de la semaine.D'une capacité de 300 litres par seconde elles évacueront l'eau par des tuyaux posés sur les moraines, ces amas de pierrailles repoussés sur leurs flancs par les glaciers, puis dans le torrent Anza, qui rejoint la vallée.Le groupe électrogène nécessaire pour faire fonctionner les pompes étant trop lourd pour être transporté par hélicoptère, les équipes techniques ont dû tirer une ligne électrique de 2,5 kilomètres de long, à partir d'une remontée mécanique située à 1.800 mètres d'altitude.

Les membres d'une équipe, installée dans un camp perché sur les hauteurs du lac, se relaient jour et nuit. Une caméra, reliée à une antenne parabolique, surveille également le lac 24 heures sur 24. Les images sont transmises sur un écran d'ordinateur dans une salle d'une cellule de crise installée à Macugnaga.Et toute la journée, les échos de la ronde des six hélicoptères mobilisés pour monter le matériel ont retenti dans la vallée.

Source : RAI, AP

 

Grâce à nos outils et solutions de veille par email ou flux RSS, définissez vos critères et obtenez votre revue de presse permanente personnalisée

----------------------------- 

Catnatmaps

Découvrez CATNATLAS notre système d'information géographique en ligne dédié aux risques naturels en France et dans le Monde

Newsletter CATNAT Info

Recevez GRATUITEMENT tous les samedis les articles publiés durant la semaine écoulée grâce à notre lettre d'information "CATNAT Info"