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Dernière mise à jour : le 30/11/2021 à 15:29

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29/07 : Le phénomène El Nino continuera de se renforcer cette année mais ne dégénérera pas en super El Nino, car le réchauffement à la surface de l'océan Pacifique s'atténuera, a indiqué mardi un météorologue.

La température de l'eau à la surface de l'océan Pacifique ne sera pas suffisamment élevée pour provoquer un super El Nino, lequel exige une hausse de quatre degrés dans le Pacifique tropical et de deux degrés dans l'océan le long de l'équateur, a expliqué Ding Yihui, expert à l'Administration météorologique nationale.

Selon lui, il est probable que le phénomène El Nino atteigne une forte magnitude cette année et dure vingt mois, constituant un phénomène rare.

Un super El Nino ne s'est produit qu'à trois reprises récemment, à savoir en 1972, en 1982 et entre 1997 et 1998.

Le phénomène El Nino a engendré des pluies excessives dans les régions du sud et de l'est de la Chine cet été, alors que les régions du nord ont connu une grave sécheresse.

 

13/07 : Le bulletin du 9 juillet 2015 de la météo américaine confirme le renforcement du phénomène El Nino sur le Pacifique ouest. Absent depuis cinq ans, il peut avoir un impact important sur les récoltes dans le monde.

"Au cours de juin, les anomalies de températures de la surface de la mer ont dépassé les 1°C sur le centre et l’est du Pacifique tropical" annonce le bulletin de prévision de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) le 9 juillet 2015. Il n’y a plus aucun doute. Il y aura à Noël un épisode d’El Nino. Le phénomène de bascule des eaux chaudes tropicales de l’est vers l’ouest du Pacifique doublé d’un affaiblissement des alizées s’était fait oublier depuis 2010. Le temps de latence est plutôt inhabituel, "l’enfant" revenant en général tous les 18 mois à trois ans. Selon la NOAA, tous les modèles climatiques prédisent que le phénomène va continuer à se renforcer au cours de l’automne pour atteindre son pic de puissance en hiver avec une anomalie de température des zones marines situées près du Pérou et de l’Amérique centrale supérieure de 1,5°C par rapport à la normale. Il y a ensuite 90% de chances pour qu’il se prolonge jusqu’au printemps 2016. "C’est un schéma classique avec une phase de préparation en fin de printemps pour un maximum d’activité à Noël comme le veut son surnom 'd’enfant Jésus' donné par les Péruviens" note Eric Guilyardi, chercheur au laboratoire Locean (UPMC/CNRS).

Ce Nino est qualifié de significatif par la NOAA, terme qui implique qu’il n’a à priori rien d’exceptionnel. Il n’atteint pas en tout cas les records de 1997-1998 où les anomalies de températures avaient atteint les 5°C, provoquant inondations catastrophiques au Pérou et forte sécheresse en Australie. Car le Nino perturbe tout le pourtour du Pacifique. "Il induit un affaiblissement de la mousson dans l’Asie du sud-est, une sécheresse en Indonésie et sur le nord de l’Australie, des précipitations fortes dans le Pacifique central et l’ouest de l’Amérique alors qu’en revanche l’est du continent sud-américain comme la Guyane connaît un temps plus sec" poursuit Eric Guilyardi. El Nino n’a en revanche qu’une influence faible sur l’Europe du nord où il pourrait renforcer une tendance à un hiver plus sec et frais.

L’espoir aux Etats-Unis est en tout cas immense car on y espère bien la fin de quatre ans de sécheresse catastrophique en Californie. Autre bonne nouvelle outre-Atlantique (et pour nos départements des Antilles) : la saison des cyclones qui a débuté en juin pour se finir en novembre devrait être calme. En revanche, ils seront plus forts dans le Pacifique Est. "Ce sont des probabilités élevées mais rien n’est gagné et les évènements prévus peuvent très bien ne pas arriver" note cependant Eric Guilyardi. Il arrive ainsi qu’une forte anomalie ne provoque ni un affaiblissement de la mousson asiatique, ni de fortes précipitations en Amérique. "El Nino est un mouvement climatique dont la variabilité est contrôlée par de délicats équilibres que nous ne comprenons pas encore bien" reconnaît un des meilleurs spécialistes du phénomène, Michaël McPhaden, de la NOAA de Hawaï. Ainsi, alors que logiquement la hausse des températures des océans du fait des émissions de gaz à effet de serre devrait renforcer El Nino, rien de tel n’a pu encore être enregistré. Les chercheurs estiment que le réchauffement climatique devrait le perturber au cours du 21e siècle mais ils ne savent pas si ce sera en intensité ou en fréquence.

La question a son importance. El Nino peut avoir en effet de terribles conséquences socio-économiques. En 2002, l’affaiblissement de la mousson en Inde et en Asie du Sud-est a provoqué une baisse de 40% des récoltes. L’Inde y a perdu 3% de son PIB. Peuvent également être affectées les récoltes de café, de banane et de canne à sucre au Brésil, où une mauvaise saison pèse sur les cours mondiaux de ces produits.

 

 

15/06 : Après cinq ans d’absence et une fausse alerte en 2014, la plupart des agences météorologiques mondiales s’accordent pour dire qu’El Niño est bien là. Ce phénomène, qui revient tous les trois à sept ans, est marqué par une accumulation d’eaux chaudes le long des côtes de l’Equateur et du Pérou et d’un renversement des alizés du Pacifique qui entraînent, plusieurs mois durant, d’importants bouleversements météorologiques à l’échelle mondiale.

Pour l’heure, le phénomène ne fait qu’émerger mais il y a 80 % à 90 % de “chances” qu’il perdure. Les températures de surface du Pacifique équatorial peuvent localement excéder la normale de 1,5 °C,  ce qui n’a jamais été vu depuis 1987 à un stade aussi précoce. Cependant ce démarrage en trombe ne dit pas grand-chose de l’ampleur que prendra, en définitive, le phénomène.

Les spécialistes demeurent prudents. En avril 2014, les premiers signes du phénomène étaient apparus et les spécialistes de l’agence américaine National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) lui donnaient une probabilité de 60 % de se développer tout au long de l’été, jusqu’à la fin de l’hiver. Ce qui ne s’est pas produit. Cet embryon de Niño s’est vite rabougri pour disparaître tout à fait… avant de ressurgir au printemps 2015.

Généralement, El Niño naît au retour des beaux jours et s’amplifie jusqu’à un paroxysme qui intervient vers la fin décembre – d’où le nom dont les pêcheurs d’Amérique centrale l’ont affublé, l’« enfant », en référence à la Nativité. Ce surnom affectueux masque un fort potentiel de calamités.

L’accumulation d’eaux chaudes de surface dans l’est du Pacifique équatorial entrave par exemple la remontée des eaux profondes de l’océan, chargées de nutriments. La conséquence est, pendant plusieurs mois, une stérilisation des écosystèmes littoraux dans la zone et une baisse des stocks halieutiques dans cette région, l’une des principales zones de pêche à la sardine.

Ailleurs, dans toute la bande intertropicale, les effets attendus ne sont pas moins délétères, susceptibles d’avoir un impact négatif sur une grande variété de cultures. Au cours de l’été, El Niño inonde la partie méridionale de l’Amérique du Sud, réchauffe l’Asie du Sud et assèche le Brésil, l’Australie, l’archipel indonésien ou le Pacifique sud.

En général, le Niño suscite aussi un affaiblissement des moussons indienne et africaine, mais il faut voir cela comme un effet statistique, qui ne se vérifie pas systématiquement. Au cours du Niño de 1997-1998, particulièrement important, les précipitations y ont été proches de la normale. A l’inverse, en 2002, El Niño était d’intensité modérée, mais a été associé à une réduction de 22 % des précipitations de la mousson indienne et jusqu’à 40 % de réduction pour le mois de juillet, qui marque le pic de la mousson. Cette année-là, les pertes de récoltes – notamment de riz – ont atteint en Inde l’équivalent de 3 % du PIB du pays.

Cependant, les effets à longue distance du Niño ne sont pas tous négatifs. En Californie, il provoque en général des pluies plus abondantes, ce qui serait plutôt bienvenu, vu la sécheresse qui y sévit depuis plusieurs années . L’Europe est l’un des rares continents où les effets de l’« enfant terrible du Pacifique » sont très faibles, exception faite de ceux produits sur les cours de différentes denrées agricoles : banane, céréales, riz, café, etc. Cependant, ces prix sont actuellement à des niveaux historiquement bas.

Outre ses impacts locaux, l’enfant terrible du Pacifique produit également des effets mondiaux, et en particulier celui de faire sursauter la température moyenne terrestre. Les quatre premiers mois de l’année en cours pointent déjà au sommet du palmarès et l’irruption d’El Niño devrait accentuer encore la tendance.  S’il n’y a pas d’éruption volcanique d’ici à la fin de l’année [dont les émissions de cendres bloqueraient une part du rayonnement solaire], il est à peu près sûr que l’année 2015 marquera un nouveau record de température . Une telle éventualité verrait deux records de chaleur battus coup sur coup, 2014 étant jusqu’à présent l’année la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des mesures, à la fin du XIXe siècle.

Les liens entretenus entre El Niño et le changement climatique en cours sont complexes et sont au centre de nombreux travaux. Le réchauffement pourrait ainsi conduire à une augmentation de la fréquence des événements les plus forts, à l’image de celui de 1997-1998. Actuellement, environ un Niño sur six est très intense. Si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, nous pourrions voir avant la fin du siècle cette proportion doubler.

 

Source : AFP

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