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Dernière mise à jour : le 16/05/2022 à 15:33

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Le thermomètre a atteint, hier encore, 36°C à Paris, 37°C à Toulouse et Clermont-Ferrand, 38°C à Strasbourg et à Lyon. Dans la capitale, pour la quatrième journée consécutive, la concentration d'ozone a dépassé le seuil «d'information». Dijon et Grenoble ont dû, à leur tour, prendre des mesures de limitation de vitesse. Dans le Cantal, plusieurs communes sont tout simplement privées d'eau potable.

En Bretagne et dans les Pays-de-Loire, plus d'un million de poulets sont morts suffoqués par la chaleur. Et chaque jour, les pompiers doivent combattre de nouveaux départs de feu comme ce fut encore le cas hier dans les Alpes-Maritimes. L'été 2003 est d'ores et déjà le plus chaud depuis plus de cinquante ans, affirme Météo France.

En Italie, un institut de climatologie assure même que la masse d'air chaud saharienne pourrait rester bloquée au-dessus de l'Europe jusqu'en septembre. La canicule actuelle est-elle une simple bouffée conjoncturelle? Ou sommes-nous en train de vivre en direct un changement de notre climat tempéré? «Les températures moyennes de la France se situent entre 16°C et 24°C en été», rappelle un dépliant touristique américain. Bien sûr, un record n'est pas une moyenne. Mais en un siècle, la température de la France a gagné 0,6°C.

Les climatologues "pro-effet de serre" annoncent des étés plus chauds, mais également davantage de tempêtes en automne et en hiver au cours des prochaines décennies. Les retards dans les trains roulant sur des rails dilatés, les pannes informatiques, les douchettes installées pour refroidir la centrale nucléaire de Fessenheim, la ruée sur les ventilateurs et les climatiseurs soulignent à quel point nous ne sommes pas préparés à ces bouleversements.

Nous l'avons tous fredonné sur les bancs de l'école: douce France est un pays tempéré. «Ni très chaud ni très froid» précise, poétique, le dictionnaire... «Les températures moyennes de la France se situent entre 16 °C et 24 °C en été», insiste un dépliant touristique américain. A l'heure de la suée et de la chasse au climatiseur, on croit rêver! Il est clair que ni Toulouse, ni Lille, ni Paris, ni toutes ces villes du Nord et du Midi où les records historiques de température sont déjà tombés, ne se reconnaissent plus dans cette définition. Leurs pointes sont à plus de 38, 39, 40 degrés, et cela fréquemment. La France peut-elle encore se considérer comme un pays tempéré?

Un record n'est pas une moyenne, rappellent les statisticiens. Mais dans les vapeurs d'un été de fournaise, cerné de cette marée de performances du mercure, on se souviendra aisément que les années qui viennent de s'écouler comptent parmi les plus torrides depuis plus d'un siècle. Et cela à l'échelle de la planète. 1998 tient la palme. Elle fut l'année la plus chaude du monde depuis 1861, début des mesures citées par l'Organisation météorologique mondiale. Et les dauphines de cette championne sont: 2003, 2001, 1995, 1997. Autant le dire, un tir groupé, qui constitue un indice sérieux d'évolution vers la canicule globale. Un chiffre encore: la France a gagné 0,6°C de température moyenne en un siècle. Ce qui pose, s'il en était besoin, la tendance.

Quelle est la cause de tout cet échauffement ? Pour certain c'est l'effet de serre, bien entendu. L'émission, par les activités de l'homme, de gaz capables de s'échauffer sous l'effet du rayonnement solaire, constitue désormais l'ennemi climatique numéro un. Sa contribution, même si elle semblait modeste il y a quelques années, paraît de plus en plus à même de créer le déséquilibre, de faire basculer le climat vers une situation où, sous nos latitudes, les excès deviendraient la règle, et les moyennes des exceptions. MAis pour d'autre cette évolution n'est que le reflet de la varaialbilté naturel du climat comme cela s'est déjà produit à plusieurs reprises par le passé alors que l'homme ne rejetait pas encore de gaz à effet de serre.

C'est dans les racines même de l'économie et de nos modes de vie que se trouvent les remèdes. Le simple déplacement de l'anticyclone de quelques centaines de kilomètres, comme c'est le cas actuellement, est là pour souligner combien l'équilibre climatique est une affaire subtile.

Naturel ou anthropique, les conséquences de ce changement climatique, nous cernent. Les forêts explosent d'incendies à travers toute l'Europe, et avec leurs conséquences, trente morts sont déjà à déplorer dans trois pays. Plusieurs alpinistes ont également été victimes d'éboulements de rocs et de glace, sous l'effet d'une débâcle en altitude. Les rails dilatés retardent des trains surchauffés, et prolongent les trajets pendant des heures, comme sur le Paris-Hendaye, qui a connu six heures de retard à la suite de divers incidents. Ailleurs, des revêtements de routes fondent, des villes sont asphyxiées d'ozone, des centrales nucléaires et des usines chimiques sont menacées de devoir débrayer, des poissons sans oxygène meurent dans les fleuves, des poulets s'étouffent par milliers dans les élevages, et des humains se ruent sur les ventilateurs et les climatiseurs.

Travailler sans climatiseur est devenu un calvaire et les syndicats (FO) demandent des journées spéciales de repos pour tenir compte de la difficulté de travail spécifique aux Hôpitaux de Paris. Les prisons, surchauffées, doivent se doter de brumisateurs et des craintes apparaissent pour la reprise économique, si cette vague de chaleur perdure.

Certains phénomènes étaient plus inattendus. Comme la mauvaise réception des ondes TV dans le Morbihan, en raison de la superposition de signaux voyageant plus loin par beau temps sec, ou des ordinateurs en surchauffe qui commettent des erreurs de calcul et mettent en cause des systèmes de sécurité. L'été 2003 restera sans doute dans les mémoires comme l'un des épisodes majeurs de cette route vers un changement planétaire.

Comment faudra-t-il s'adapter? Toutes les mesures concrètes semblent bonnes à prendre: limiter la circulation, climatiser les locaux, arroser les champs, etc. Rien n'est gravé dans le marbre en la matière mais les simulations climatiques, bien que sujettent à caution, nous avertissent: le changement en cours sera durable. Même si nous cessions nos émissions de gaz carbonique et autres réchauffeurs d'atmosphère aujourd'hui, l'effet ne s'en ferait sentir que dans quelques décennies. Effet pervers, par ailleurs, la lutte contre le réchauffement, en consommant de l'énergie, pourrait elle-même être productrice de gaz polluant. C'est en amont, dans les racines même de l'économie et de nos modes de vie que se trouvent les remèdes. En modifiant nos habitations, nos transports, nos structures urbaines, nos modes de production et de consommation. En France, les pouvoirs publics, des entreprises et des citoyens se mobilisent. Mais le chemin à parcourir est long, et depuis les rencontres internationales de Rio (1992), de Kyoto (1997) ou de Johannesburg (2003), si peu a été fait.

Source : Le Monde


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