Partager via...

Un trou a été observé dans la couche d'ozone au niveau de l'Arctique. Il serait a priori l'un des plus grands, sinon le plus grand qu'ait connu cette région du monde, et rivaliserait avec le trou d'ozone qui se forme chaque année dans l'hémisphère sud.

Si le trou en question fait environ trois fois la taille du Groenland, il n'est pas dangereux pour la santé. Selon le magazine Nature, il devrait commencer à se dissiper dans les prochaines semaines.

En temps normal, la couche d'ozone - qui tire son nom de la molécule d'ozone - forme une couverture à une altitude comprise entre 10 et 50 kilomètres d'altitude. Cette couverture protège la vie sur Terre des rayons ultraviolets. Chaque année, en Antarctique, les températures glaciales permettent à des produits chimiques, transportés par les nuages en haute altitude, de l'atteindre et de la ronger. Parmi ces produits, on trouve le chlore et le brome, qui proviennent des réfrigérants (ou fluides frigorigènes) et d'autres secteurs industriels.

Mais comme l'explique Jens-Uwe Grooß, scientifique de l'atmosphère au Centre de recherche de Juelich en Allemagne, il n'en va pas de même dans la région arctique. Les températures y étant plus variables qu'en Antarctique, l'apparition de trous dans la couche d'ozone au-dessus de la région y est également plus rare.

Mais cette année a été particulièrement froide, a déclaré Markus Rex, scientifique de l'atmosphère à l'Institut Alfred Wegener de Potsdam, en Allemagne. Le chercheur a expliqué que de puissants vents d'ouest sont parvenus à emprisonner de l'air froid, créant un vortex polaire favorisant le transport des produits chimiques. Un phénomène qui a atteint les États-Unis il y a quelques mois, donnant des ressentis jusqu'à -50°C. Markus Rex estime ainsi qu'il y avait plus d'air froid au-dessus de l'Arctique que dans n'importe quel autre hiver enregistré depuis 1979.

Nature rappelle que la situation « aurait pu être pire ». Depuis le protocole international de Montréal, en 1987, les nations ont éliminé de nombreux produits chimiques susceptibles de s'attaquer à la couche d'ozone.

Malgré tout, l'Arctique a déjà connu un appauvrissement de sa couche d'ozone en 1997 et en 2011. Selon les experts, la perte de cette année est en voie de les dépasser. À l'aide d'un instrument satellite de la NASA, Gloria Manney, scientifique de l'atmosphère chez NorthWest Research Associates à Socorro, au Nouveau-Mexique, a analysé les taux de chlore présents dans l'atmosphère. Pour elle, l'appauvrissement pourrait être supérieur à celui de l'année 2011, car le chlore est encore suffisamment abondant pour appauvrir la couche d'ozone pendant au moins quelques jours.

Si le phénomène devrait entrer dans les records, il ne présente pas de danger majeur. Markus Rex a déclaré que le Soleil commençait tout juste à s'élever au-dessus de l'horizon sous de hautes latitudes, et qu'il y avait peu de chances que le trou dérive vers des latitudes plus basses dans les semaines à venir. Et si cela devait arriver, les personnes se situant en dessous du trou aurait simplement à appliquer une crème solaire adaptée. Le trou, quant à lui, devrait disparaître dans les semaines qui viennent, les températures atmosphériques dans la région arctique ayant commencé à augmenter. Le vortex polaire devrait alors se disperser, et l'ozone commencer à se rétablir.